À l'approche de la rentrée scolaire, la situation des infrastructures éducatives dans les territoires de Luozi et de Mbanza-Ngungu, au Kongo-Central, suscite une vive inquiétude. Plusieurs établissements scolaires, dont les travaux ont été initiés dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), demeurent inachevés, trois ans après le lancement du projet.
Des chantiers à l'arrêt depuis fin 2023
Le constat dressé par la société civile locale est alarmant. Dans des structures comme l'EP 1 et 2 INERA Mvuazi, les travaux sont restés en suspens depuis décembre 2023. Les bâtiments livrés sont incomplets : absence de portes, manque de salles de classe fonctionnelles et disparition des espaces prévus initialement, tels que les bureaux administratifs ou la salle polyvalente. Cette situation d'abandon concerne également d'autres établissements, notamment l'EP Kivulu, où les infrastructures de base promises par le programme ne sont toujours pas opérationnelles.
Une pression accrue sur les capacités d'accueil
L'inachèvement de ces chantiers impacte directement les conditions d'apprentissage des élèves. Avec des effectifs atteignant 115 à 120 enfants par classe de première année dans certains établissements, la saturation est réelle. La société civile dénonce une gestion qui compromet le droit à l'éducation, soulignant que les conditions actuelles sont loin de répondre aux standards de qualité visés par le programme national. L'absence de visibilité sur une éventuelle reprise des travaux laisse les communautés locales dans une incertitude totale à quelques jours de la reprise des cours.
Les objectifs du PDL-145T face à la réalité du terrain
Lancé en 2021 sous l'impulsion du président Félix Tshisekedi, le PDL-145T ambitionne de transformer les conditions de vie en milieu rural et de réduire les inégalités territoriales à travers quatre axes majeurs, dont le développement des infrastructures socioéconomiques de base. Si le programme vise à redynamiser les économies locales et à renforcer la gouvernance, le retard accumulé sur les chantiers scolaires au Kongo-Central illustre les difficultés opérationnelles rencontrées dans la mise en œuvre de cette vaste initiative. La société civile exige désormais des explications claires des autorités compétentes et une intervention urgente pour permettre aux élèves d'étudier dans des conditions dignes.