Depuis sa mise en détention le 20 juillet 2026, Bernard Antwi Boasiako, figure politique ghanéenne, a formulé une série de recommandations pour transformer le système pénitentiaire national. Son plaidoyer, qui dépasse son cas personnel, interpelle les autorités sur l'urgence de passer d'une logique purement punitive à un modèle axé sur la réinsertion, la santé et la dignité humaine.
Un système sanitaire et sécuritaire à bout de souffle
Le constat dressé par M. Boasiako souligne une stagnation infrastructurelle majeure depuis 1962. L'absence d'hôpitaux pénitentiaires dédiés et d'équipements d'urgence, tels que des ambulances ou des générateurs, compromet gravement la prise en charge des détenus souffrant de pathologies lourdes, comme la tuberculose. Sur le plan sécuritaire, il dénonce une promiscuité dangereuse entre les détenus de droit commun et ceux impliqués dans des crimes graves, tels que le terrorisme ou la trahison, pointant un risque majeur pour la gestion des établissements.
Réinsertion, agriculture et cadre familial
Au-delà des infrastructures, le plaidoyer porte sur la gestion humaine des détenus. M. Boasiako préconise l'instauration de visites conjugales privées pour préserver les liens familiaux, un levier qu'il juge essentiel pour la stabilité émotionnelle et la réinsertion future. Il appelle également à une meilleure exploitation du potentiel agricole des services pénitentiaires, actuellement entravée par un manque criant de mécanisation, afin de favoriser l'autonomie alimentaire et la formation professionnelle des détenus.
L'appel à une action législative bipartisane
Pour concrétiser ces réformes, Bernard Antwi Boasiako exhorte le Parlement ghanéen à se saisir du dossier de manière transpartisane. Il demande au président de l'Assemblée nationale et aux commissions parlementaires compétentes de mener des visites de terrain pour constater les conditions de détention. L'objectif est de faire voter une nouvelle loi sur la réforme pénitentiaire, assortie d'un budget dédié à la construction d'infrastructures modernes et à l'amélioration des conditions de vie et de travail du personnel pénitentiaire.
Vers un nouveau modèle africain
En s'appuyant sur son expérience directe, l'homme politique invite le Ghana à se positionner en leader continental de la réforme carcérale. Il souligne que la transformation du système pénitentiaire est une question de droits humains et de développement national, suggérant que l'Afrique entière pourrait s'inspirer d'une refonte réussie du modèle ghanéen pour repenser la fonction même de l'incarcération.