Le président palestinien Mahmoud Abbas a officiellement acté le report des scrutins législatif et présidentiel, initialement programmés pour le 28 novembre prochain. Cette décision, qui repousse le retour aux urnes à 2027, souligne la paralysie durable des institutions palestiniennes et les tensions persistantes avec Israël sur l'organisation du vote.
Les obstacles logistiques au cœur du blocage
Le report est justifié par l'Autorité palestinienne par l'impossibilité d'accéder aux zones stratégiques nécessaires au bon déroulement du scrutin. Les autorités électorales ont rapporté un refus d'accès de la part d'Israël concernant Jérusalem-Est et la bande de Gaza. Cette situation rappelle le précédent de 2021, où l'absence de garanties sur la tenue du vote à Jérusalem-Est avait déjà conduit à l'annulation sine die des élections. Pour la communauté internationale et l'Union européenne, qui conditionnent une partie de leur soutien financier à ces réformes démocratiques, ce blocage représente un coup d'arrêt majeur.
Une gouvernance par décret depuis 2009
La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 90 ans, s'inscrit dans un contexte de crise de légitimité institutionnelle. Élu président en 2005, son mandat a théoriquement expiré en 2009, date depuis laquelle il gouverne par décrets. Le Conseil législatif palestinien, le Parlement local, a cessé de siéger en 2007, année marquant la rupture politique profonde entre le Fatah, qui administre des zones de Cisjordanie, et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Ce dernier avait remporté les dernières élections législatives en 2006, une victoire qui avait cristallisé les divisions internes palestiniennes.
L'horizon 2027 comme nouvelle échéance
En juin dernier, un décret présidentiel avait déjà fixé l'échéance de l'élection présidentielle au début de l'année 2027. Ce nouveau report confirme la difficulté pour l'Autorité palestinienne de restaurer un processus électoral régulier dans un territoire fragmenté. L'enjeu pour les années à venir reste la capacité des acteurs politiques à surmonter les différends internes et les contraintes imposées par l'occupation pour permettre, enfin, une expression démocratique qui n'a pas eu lieu depuis près de deux décennies.