Le calendrier budgétaire du Sénégal pour l'exercice 2027 subit un coup d'arrêt avec le report de 48 heures de l'examen de la Loi de finances initiale (LFI) par la Commission des Finances. Ce décalage, qui fixe désormais le début des travaux au samedi 7 novembre, illustre une crise institutionnelle profonde entre le ministère de l'Économie et les parlementaires sur la trajectoire financière du pays.
Une divergence sur la sincérité des prévisions budgétaires
Le point de rupture entre les deux institutions repose sur l'impact du rejet récent de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026. Le président de la Commission des Finances, Alphonse Mané Sambou, a officiellement exigé le retrait du projet de budget 2027, arguant que les hypothèses macroéconomiques ayant servi à son élaboration sont désormais caduques. Pour les députés, cette révision est une condition sine qua non pour garantir la sincérité budgétaire, socle indispensable à tout débat parlementaire sur les finances de l'État.
La position de l'Exécutif face aux accusations d'obstruction
De son côté, le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan, dirigé par Cheikh Diba, rejette fermement cette lecture. L'Exécutif soutient que le rejet d'une loi rectificative ne constitue pas un motif juridique suffisant pour invalider le projet de budget de l'année suivante. En invoquant la jurisprudence budgétaire de 2025, le gouvernement dénonce des « manœuvres d'obstruction » qui, selon ses services, menacent la mise en œuvre des réformes économiques et sociales prioritaires pour le pays.
Un agenda parlementaire sous haute tension
Malgré ce report, le calendrier des travaux reste dense. La reprise des échanges est prévue pour le samedi 7 novembre à 9 heures, avec l'audition du ministre Cheikh Diba. Les débats porteront sur des piliers stratégiques, notamment les prévisions de recettes, la gestion de la dette publique et les dotations budgétaires des institutions majeures, dont la Présidence, la Primature et les organes de contrôle comme la Cour des comptes. En fin de journée, les discussions s'élargiront aux secteurs de l'Industrie et du Commerce, confirmant que l'enjeu dépasse le simple cadre procédural pour toucher à la gestion globale des engagements financiers de l'État.