L'expulsion du député Samuel Abu Jinapor de l'hémicycle ghanéen, ordonnée par le président du Parlement Alban Bagbin, a provoqué une crise institutionnelle majeure. Cet incident, survenu après des accusations portées contre le ministre des Affaires étrangères, soulève des questions fondamentales sur le rôle de contrôle des élus et les limites de l'autorité au sein de l'institution.
Une procédure disciplinaire contestée
Le conflit a éclaté lorsque Samuel Abu Jinapor a accusé le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, de pratiques irrégulières concernant la délivrance de passeports diplomatiques. Suite à son refus de retirer ces allégations sur ordre du président du Parlement, M. Jinapor a été escorté hors de la chambre par le maréchal parlementaire. En signe de solidarité, l'ensemble du groupe minoritaire a quitté la séance, marquant une rupture nette dans le dialogue parlementaire.
Le débat sur le droit d'alerte des élus
Alexander Afenyo-Markin, leader de la minorité, a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d'arbitraire. Selon lui, les députés ont pour mission de soulever des préoccupations d'intérêt public afin qu'elles soient examinées par les commissions compétentes. Il soutient que le Parlement ne devrait pas exiger la preuve immédiate d'une allégation avant de permettre son investigation, mais plutôt offrir un cadre pour vérifier la véracité des faits rapportés par les élus.
Des enjeux de transparence persistants
Cet incident s'inscrit dans un climat de défiance accru entre la majorité et l'opposition. Au-delà de la question des passeports diplomatiques, le ministre des Affaires étrangères fait l'objet d'une surveillance étroite concernant la gestion financière de l'évacuation de ressortissants ghanéens depuis l'Afrique du Sud. Des manifestations de soutien au gouvernement ont également eu lieu, réclamant des comptes sur ces dépenses. Pour l'opposition, le refus d'enquêter sur ces dossiers constitue une entrave au devoir de redevabilité, transformant une procédure disciplinaire en un point de blocage politique majeur pour le fonctionnement de l'Assemblée nationale.