Le chef du renseignement ivoirien, Vassiriki Traoré, est attendu ce 15 octobre 2026 à Bamako à l'invitation de son homologue malien, Modibo Koné, directeur de l'Agence nationale de la sécurité d'État (Anse). Cette rencontre diplomatique et sécuritaire vise à apaiser les tensions persistantes entre les deux pays et à renforcer la coordination face aux menaces terroristes transfrontalières.
Un enjeu stratégique pour le corridor Abidjan-Bamako
Au-delà des questions de renseignement, cette visite souligne l'importance vitale de l'axe logistique reliant le port d'Abidjan à la capitale malienne. Ce corridor, essentiel pour l'approvisionnement du Mali, a vu son activité croître significativement, avec un volume de marchandises transitant par la Côte d'Ivoire dépassant 1,5 million de tonnes en 2025. La sécurisation de cet axe est devenue une priorité absolue, particulièrement face aux pressions exercées par les groupes jihadistes du Jnim, qui ont récemment imposé des restrictions sur les importations de carburant.
Vers une normalisation des relations diplomatiques
La venue de Vassiriki Traoré à Bamako marque une étape potentielle vers le dégel des relations bilatérales, marquées par une profonde méfiance depuis le coup d'État malien de 2020. Le point de rupture avait été atteint en juillet 2022 avec l'arrestation de 49 militaires ivoiriens, alors membres de la mission onusienne Minusma. Accusés par les autorités de transition maliennes de vouloir déstabiliser l'État, ces soldats avaient été condamnés à 20 ans de prison avant d'être finalement graciés après six mois de détention.
La sécurité aux frontières comme priorité commune
La coopération entre les services de renseignement des deux nations est perçue comme un levier nécessaire pour stabiliser la zone frontalière commune. En renouant le dialogue, Abidjan et Bamako cherchent à dépasser les épisodes diplomatiques douloureux du passé pour se concentrer sur des impératifs de sécurité collective. La réussite de ces échanges pourrait déterminer la capacité des deux États à sécuriser leurs flux économiques tout en coordonnant leurs efforts contre l'insécurité régionale.