Le renchérissement du bétail européen et la pression fiscale freinent l'approvisionnement du marché marocain

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 54 lectures
Le renchérissement du bétail européen et la pression fiscale freinent l'approvisionnement du marché marocain

Le marché marocain de l'élevage fait face à un ralentissement notable de ses importations de bétail, particulièrement pour les ovins. Cette situation résulte d'une conjoncture internationale défavorable marquée par l'envolée des prix dans les pays exportateurs européens, couplée à des contraintes fiscales nationales qui pèsent sur la rentabilité des opérateurs.

L'impact du coût à l'achat et de la fiscalité

La Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage souligne que la flambée des prix du cheptel en Europe, notamment en Espagne, rend l'approvisionnement complexe. À cette difficulté structurelle s'ajoute le maintien de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les importations. Selon les professionnels, cette charge fiscale renchérit le coût du kilogramme de bétail d'environ 10 dirhams, limitant mécaniquement les volumes que les importateurs sont en mesure d'acquérir pour répondre à la demande nationale.

Revendications des éleveurs auprès des pouvoirs publics

Face à ces obstacles, les opérateurs du secteur se tournent vers le gouvernement. Ils prévoient d'ouvrir des discussions pour obtenir des mesures de soutien, avec comme priorité absolue la suppression de la TVA sur les importations de bétail. Pour la filière, cette levée fiscale est une condition nécessaire pour fluidifier les opérations, accroître l'offre disponible sur le marché local et, in fine, favoriser une stabilisation, voire une baisse, des prix de la viande ovine pour les consommateurs.

La Roumanie en attente de reprise des exportations

Parallèlement à ces tensions tarifaires, le paysage des fournisseurs étrangers pourrait évoluer. La Roumanie, qui avait suspendu ses exportations en raison de la propagation de la maladie hémorragique épizootique des petits ruminants, cherche activement à réintégrer le marché marocain. L'autorité vétérinaire roumaine a soumis un plan d'action à la Commission européenne et a finalisé de nouveaux modèles de certificats sanitaires avec plusieurs pays, dont le Maroc.

Des perspectives dépendantes de la vigilance sanitaire

Si la reprise des exportations roumaines représente une opportunité potentielle pour diversifier les sources d'approvisionnement, elle reste strictement conditionnée par le respect des protocoles sanitaires. La surveillance vétérinaire et la vaccination demeurent les piliers de cette réouverture. Dans les prochains mois, l'équilibre du marché marocain dépendra donc étroitement de trois facteurs : la trajectoire des prix européens, les décisions fiscales qui seront prises par les autorités marocaines et la capacité des fournisseurs étrangers à garantir la sécurité sanitaire de leurs cheptels.

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