Le rejet du projet de loi de finances rectificative pourrait retarder de plusieurs mois l’examen du programme de 2,2 milliards $ du FMI au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 11 lectures
Le rejet du projet de loi de finances rectificative pourrait retarder de plusieurs mois l’examen du programme de 2,2 milliards $ du FMI au Sénégal

Le refus du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pourrait repousser l’examen du programme de 2,2 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI). Selon l’économiste Seydou Sow, l’absence d’un budget révisé fragilise le cadre présenté aux créanciers et risque de retarder la validation de la facilité de crédit de 36 mois.

Retard du calendrier du programme FMI

Seydou Sow précise que le Conseil d’administration du FMI n’a pas encore donné son feu vert à la facilité de crédit. Un rejet du PLFR ne conduirait pas à une rupture du programme, mais il rendrait probable un report de l’examen, laissant la loi de finances initiale en vigueur sans refléter les réalités actuelles des recettes et des dépenses.

Arriérés de paiement et entreprises du BTP

Les entreprises qui attendent des règlements de l’État, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, sont les premières à subir les conséquences d’un budget non adopté. Sow estime les arriérés à près de 1 956 milliards de FCFA, alors que le PLFR ne prévoyait que 300 milliards de FCFA pour les apurer. Sans ce financement, les paiements aux fournisseurs et sous‑traitants risquent d’être différés, accentuant les tensions de trésorerie dans le secteur privé.

Déficit des subventions énergétiques et pression sur les prix

Le budget initial alloue 250 milliards de FCFA aux subventions énergétiques, bien en dessous des 790 milliards estimés nécessaires par l’économiste. En l’absence d’une autorisation budgétaire supplémentaire, l’État devra soit recourir à des dépenses hors budget, soit répercuter la différence sur les tarifs du carburant et de l’électricité, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts pour les ménages et les entreprises.

Réaction du marché obligataire régional

Sur le plan financier, le Sénégal a levé 55 milliards de FCFA le 23 octobre via les titres UMOA, bien en dessous de l’objectif de 90 milliards. Les taux d’intérêt ont dépassé les 8 % sur toutes les maturités, reflétant la perception de risque accrue liée à l’incertitude budgétaire. Cette situation pourrait compliquer de futures émissions de dette souveraine tant sur le plan du coût que de la capacité de placement.

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