Le rejet de la loi de finances rectificative fragilise les négociations budgétaires du Sénégal avec le FMI

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 11 lectures
Le rejet de la loi de finances rectificative fragilise les négociations budgétaires du Sénégal avec le FMI

Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) le 3 novembre dernier place le Sénégal dans une situation délicate vis-à-vis de ses partenaires financiers internationaux. Cette impasse parlementaire entrave la finalisation d'un programme de 2,2 milliards de dollars en cours de négociation avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que le pays doit impérativement clarifier sa trajectoire budgétaire pour maintenir la confiance des bailleurs.

Un déséquilibre budgétaire sous surveillance

Le projet de loi rejeté visait à ajuster la prévision de déficit public, passant de 5,4 % à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB). Cet écart de 2,2 points, représentant environ 550 milliards de francs CFA, est largement imputable aux besoins de subventions énergétiques, estimés à 790 milliards de francs CFA pour l'horizon 2026. L'absence de ce cadre révisé empêche le gouvernement de formaliser ses engagements, alors que le programme de Facilité élargie de crédit sur trente-six mois repose sur des critères stricts liés au solde budgétaire, aux recettes fiscales et à la maîtrise de la dette.

Risques de dérapage et conséquences financières

L'économiste Thierno Thioune souligne que la prolongation de ce blocage pourrait entraîner des répercussions immédiates sur la stabilité financière du pays. Dans un scénario intermédiaire, une impasse de deux à trois mois obligerait Dakar à solliciter une dérogation auprès du FMI, risquant le report d'une tranche de financement estimée entre 300 et 400 millions de dollars. À plus long terme, une suspension du programme pourrait renchérir les coûts d'emprunt sur les marchés financiers, alors que le service de la dette absorbe déjà près de 40 % des recettes fiscales nationales.

Vers une sortie de crise budgétaire

Pour débloquer la situation, plusieurs pistes sont envisagées. La soumission d'un nouveau texte intégrant les objections parlementaires apparaît comme l'option la plus lisible pour rassurer le FMI. Parallèlement, la question de la traçabilité des fonds spéciaux et leur soumission au contrôle budgétaire devient un levier déterminant pour restaurer la confiance. Le gouvernement pourrait également explorer un réaménagement des crédits par décret ou négocier un ajustement du programme avec des mesures compensatoires, tout en veillant à éviter l'accumulation d'arriérés envers les fournisseurs d'électricité et les prestataires de l'État.

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