Le rejet de la loi de finances rectificative bloque plus de 1 100 milliards de francs CFA d'investissements publics

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 10 lectures
Le rejet de la loi de finances rectificative bloque plus de 1 100 milliards de francs CFA d'investissements publics

Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 place l'État sénégalais dans une situation d'incertitude budgétaire majeure. Ce blocage législatif suspend 1 866 milliards de francs CFA en autorisations d'engagement et 1 115,7 milliards en crédits de paiement, gelant ainsi des projets structurants essentiels pour le développement national.

Priorités infrastructurelles et désenclavement

Le secteur des infrastructures routières est le plus directement impacté par cette suspension de crédits. Parmi les dossiers en attente figurent des axes stratégiques tels que l'autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis, le tronçon Mbour-Fatick-Kaolack, ainsi que la réhabilitation de la route Sénoba-Ziguinchor-Mpack. Par ailleurs, le projet d'amélioration de la connectivité des zones de production agricole, soutenu par la Banque mondiale, voit ses 45 milliards de francs CFA de crédits de paiement pour 2026 bloqués, menaçant la fluidité des échanges commerciaux agricoles.

Assainissement et accès à l'eau potable

Le volet hydraulique et assainissement, doté de 241,3 milliards en autorisations d'engagement, subit également les conséquences de ce rejet. À Dakar, des chantiers cruciaux comme la dépollution de la baie de Hann et l'usine de dessalement d'eau de mer — cette dernière bénéficiant d'un crédit de paiement de 13,2 milliards — sont en suspens. À Touba, le projet de drainage des eaux pluviales et de gestion des eaux usées, bien qu'inscrit pour 97,35 milliards en autorisations d'engagement, ne dispose d'aucun crédit de paiement pour l'exercice 2026, illustrant la fragilité du financement des infrastructures locales.

Santé, protection sociale et dette intérieure

Au-delà des grands travaux, le blocage affecte directement les services publics et le secteur privé. Le domaine de la santé est particulièrement exposé avec la reconstruction de l'hôpital Le Dantec et la réhabilitation de l'hôpital régional Amadou Sakhir Ndiéguène de Thiès. L'enjeu est également social et économique : les crédits destinés aux bourses de sécurité familiale sont en attente, tout comme le règlement de la dette intérieure due aux entreprises du secteur du BTP. Cette situation crée une pression immédiate sur la trésorerie des entreprises et sur le pouvoir d'achat des ménages les plus vulnérables, dont les aides dépendent de ces arbitrages budgétaires.

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