Le rejet de la loi de finances rectificative au Sénégal soulève des tensions sur la séparation des pouvoirs

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
Le rejet de la loi de finances rectificative au Sénégal soulève des tensions sur la séparation des pouvoirs

Le rejet définitif du projet de loi de finances rectificative (LFR) par les députés sénégalais a suscité une vive réaction de Cheikh Oumar Diagne. L'ancien directeur des moyens généraux de la Présidence alerte sur ce qu'il perçoit comme une dérive vers un « régime d'assemblée », où le pouvoir législatif empiéterait sur les prérogatives de l'exécutif.

Une lecture constitutionnelle des prérogatives

Au cœur de la critique de Cheikh Oumar Diagne se trouve l'interprétation de l'article 42 de la Constitution sénégalaise. Selon lui, la détermination de la politique de la nation relève exclusivement de l'exécutif et non des parlementaires. En s'opposant frontalement à la LFR, les députés de Pastef sont accusés de vouloir dicter une ligne politique qui ne leur incombe pas, créant ainsi un déséquilibre institutionnel préoccupant pour la stabilité de l'État.

Les enjeux financiers du projet de loi

Le débat prend racine dans les chiffres présentés par le ministre des Finances, Cheikh Diba, le 26 octobre dernier. Le projet de LFR prévoyait une baisse significative des recettes fiscales, estimée à 340,3 milliards de FCFA, ainsi qu'une enveloppe de 300 milliards dédiée au règlement des arriérés de l'État. Pour M. Diagne, le refus des députés de valider ces ajustements, alors même que le Plan de redressement économique et social (PRES) nécessite des corrections budgétaires, témoigne d'une posture politique plutôt que d'une gestion pragmatique des finances publiques.

Le précédent des exercices budgétaires passés

Cheikh Oumar Diagne souligne une rupture dans la pratique parlementaire habituelle. Il rappelle que les votes des lois de finances rectificatives de 2024 et 2025 n'avaient pas donné lieu à de telles confrontations, malgré des modifications substantielles touchant les dépenses, les recettes et les investissements. Cette comparaison met en lumière une évolution des rapports de force au sein de l'hémicycle.

Appel à la responsabilité politique

Face à ce blocage, l'ancien responsable appelle les acteurs des deux pouvoirs à la retenue. Il exhorte les institutions à privilégier l'apaisement et la concertation plutôt que de s'enliser dans un bras de fer institutionnel. L'enjeu, selon lui, demeure la capacité des autorités à répondre efficacement aux difficultés économiques rencontrées par les populations, une priorité qui risque d'être occultée par ces querelles de compétences.

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