Le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) par l'Assemblée nationale sénégalaise a des répercussions directes sur la conduite des politiques publiques. Selon Khadim Bamba Fall, cadre du parti Pastef, cette décision parlementaire permet de sanctuariser une série de projets d'investissement qui étaient initialement menacés de suppression.
Un maintien acté pour des secteurs stratégiques
La liste des programmes préservés couvre des domaines essentiels au développement socio-économique du pays. Parmi les chantiers confirmés figurent la construction de 35 centres de santé, le programme des 30 000 logements, ainsi que le projet de Grand Transfert d’eau (GTE) destiné à la ville de Touba. Le secteur éducatif bénéficie également de cette situation, avec le maintien de la construction de l'Université du Sénégal oriental, d'un centre universitaire délocalisé à Kolda, ainsi que la réalisation de 200 salles de classe pour les collèges et de 6 lycées départementaux.
Soutien à l'agriculture et à l'industrie locale
Le volet économique n'est pas en reste. Plusieurs initiatives visant à renforcer la souveraineté alimentaire et industrielle sont maintenues, notamment les projets de développement des filières arachidières, oléagineuses, ainsi que celles du mil, du fonio et du sorgho. Les projets d'Agropoles (Centre et Sud), le renouvellement des installations de la Sonacos, ainsi que les programmes de coopératives agricoles communautaires sont également sanctuarisés. Ces investissements visent à structurer durablement l'entrepreneuriat local et la création d'emplois décents dans les régions.
Les prochaines étapes sous la responsabilité de l'exécutif
Si le rejet de la LFR offre une base juridique pour la poursuite de ces projets, la mise en œuvre effective reste suspendue aux arbitrages budgétaires de l'exécutif. Khadim Bamba Fall souligne que le gouvernement dispose désormais de la latitude nécessaire pour prioriser l'activation de certains chantiers, citant le Grand Transfert d’eau comme un exemple d'urgence. La balle est désormais dans le camp du pouvoir exécutif, qui pourrait, s'il souhaite accélérer le processus, engager la responsabilité du gouvernement pour débloquer les fonds nécessaires à l'exécution de ces engagements publics.