Le rejet de la loi de finances rectificative au Sénégal cristallise les tensions entre l'exécutif et le législatif

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 9 lectures
Le rejet de la loi de finances rectificative au Sénégal cristallise les tensions entre l'exécutif et le législatif

Le rejet sans débat de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale sénégalaise marque une rupture profonde entre la majorité parlementaire du PASTEF et l'opposition. Cette décision, actée par le recours à la question préalable, a suscité une vive indignation chez le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, qui y voit une manœuvre délibérée visant à paralyser l'action gouvernementale.

Une procédure parlementaire contestée

Le cœur de la discorde réside dans l'utilisation de la question préalable, une procédure qui a permis à la majorité de clore les discussions avant même l'ouverture des débats sur le texte budgétaire. Pour Abdou Karim Sall, cette méthode constitue une « prise d'otage » de l'institution parlementaire. L'élu estime que le refus de permettre aux députés de s'exprimer sur un document financier d'une telle importance prive les citoyens d'une transparence nécessaire sur la gestion des deniers publics.

Accusations de blocage institutionnel

Au-delà de la forme, le député-maire de Mbao prête au PASTEF une intention politique claire : entraver le fonctionnement de l'État. Selon lui, le rejet de la LFR ne répond pas à une exigence technique, mais s'inscrit dans une stratégie visant à empêcher le président de la République et son gouvernement de mettre en œuvre leur programme. Il rejette fermement l'argument de la « sincérité budgétaire » avancé par la majorité, le qualifiant de prétexte fallacieux qui n'aurait jamais été invoqué par le parti au pouvoir lorsqu'il siégeait dans l'opposition.

Un appel à l'arbitrage présidentiel

Face à ce qu'il qualifie d'impasse institutionnelle, Abdou Karim Sall a lancé un appel direct au chef de l'État. L'élu exhorte le président de la République à « prendre ses responsabilités » pour débloquer la situation et assurer la continuité de l'action publique. Cette déclaration souligne la fragilité de la cohabitation actuelle au sein des institutions sénégalaises, où le blocage législatif menace désormais la stabilité de la trajectoire budgétaire du pays pour l'année 2026.

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