Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale sénégalaise, acté par l'adoption d'une motion préalable, suscite une vive réaction du ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Ce blocage empêche l'examen au fond du texte, privant ainsi l'opinion publique d'une lecture claire sur les réajustements budgétaires nécessaires à la conduite de la politique gouvernementale.
Des recettes en deçà des prévisions initiales
Le ministre a justifié la nécessité de cette LFR par un décalage entre les projections budgétaires initiales et la réalité de la mobilisation des ressources. Le plan de relance économique et sociale, pilier de la stratégie gouvernementale, n'a pas atteint ses objectifs de collecte. À ce jour, les recettes mobilisées se chiffrent à 762 milliards de FCFA. Le gouvernement tablait sur une dynamique de 173 milliards enregistrés en septembre, avec une projection de 311 milliards supplémentaires d'ici la clôture de l'exercice budgétaire.
L'impact des cours mondiaux sur les subventions énergétiques
Au-delà des recettes, la structure des dépenses a été profondément impactée par la conjoncture internationale. Cheikh Diba a souligné que les tensions au Moyen-Orient ont provoqué une volatilité des cours du pétrole, pesant lourdement sur le coût de l'énergie au Sénégal. Cette situation a contraint l'État à réviser drastiquement ses prévisions de subventions : initialement fixées à 250 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale, elles doivent désormais atteindre 790,3 milliards de FCFA. Cette augmentation de 540,3 milliards est présentée par le ministère comme un effort indispensable pour protéger le pouvoir d'achat des populations face à l'inflation énergétique.
Un débat parlementaire avorté
Pour le ministre, le refus des députés d'ouvrir le débat constitue un obstacle à la transparence démocratique. En écartant le texte par une motion préalable, l'Assemblée nationale a, selon lui, empêché une confrontation d'idées nécessaire sur les choix budgétaires. Cheikh Diba a réfuté les accusations de désintérêt pour le bien-être social, qualifiant la posture des parlementaires de manœuvre politique visant à occulter les réalités économiques du pays. Il regrette que les citoyens n'aient pas eu l'opportunité d'apprécier, par le biais d'un débat public, les arbitrages financiers opérés par l'exécutif pour faire face aux chocs exogènes.