L'Autorité de régulation du secteur pétrolier nigérian (NMDPRA) a validé des permis d'importation pour 830 000 tonnes métriques de pétrole destinées au quatrième trimestre 2026. Cette décision, visant à prévenir toute pénurie en fin d'année, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et la raffinerie Dangote concernant la stratégie d'approvisionnement du pays.
Une stratégie d'approvisionnement contestée
Les permis ont été accordés à plusieurs acteurs majeurs du secteur, dont Matrix Energy, A.A. Rano, AYM Shafa, NIPCO, Pinnacle Oil et Bono Energy. Selon le porte-parole de la NMDPRA, George Ene-Ita, cette mesure est une précaution nécessaire pour garantir la stabilité du marché intérieur. Cette décision se heurte toutefois à la vision de la raffinerie Dangote, qui soutient que les importations ne devraient être autorisées qu'en cas d'insuffisance avérée de la production nationale.
Le bras de fer judiciaire sur le Petroleum Industry Act
La question de la légitimité de ces licences est au cœur d'une procédure judiciaire en cours. La raffinerie Dangote conteste la délivrance de ces autorisations, arguant qu'elles contreviennent aux dispositions du Petroleum Industry Act (PIA), lequel impose de privilégier la production locale. La raffinerie, d'une capacité de 650 000 barils par jour, estime que ces importations menacent ses opérations et freinent l'objectif de réduction de la dépendance du Nigeria aux produits pétroliers étrangers.
Enjeux de concurrence et sécurité énergétique
Le différend dépasse le cadre strictement juridique. D'un côté, les importateurs et certains régulateurs soulignent l'importance de maintenir une concurrence saine pour éviter une situation de monopole qui pourrait fragiliser la sécurité énergétique du pays. De l'autre, la direction de la raffinerie Dangote dénonce une collusion entre les régulateurs et les traders internationaux. Alors qu'une nouvelle audience est prévue pour le 7 octobre, la NMDPRA refuse de commenter le dossier, invoquant la réserve liée à la procédure judiciaire en cours.
Un contexte de marché global sous tension
Au-delà des enjeux nationaux, cette décision s'inscrit dans un environnement économique mondial incertain. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de peser sur les cours du brut, maintenant les prix à un niveau élevé. Pour le Nigeria, dont l'économie reste fortement corrélée aux importations de carburant, l'équilibre entre le soutien à l'industrie locale et la maîtrise des coûts d'approvisionnement demeure un défi majeur pour les mois à venir.