Le paysage politique sénégalais traverse une phase de tensions marquées par des critiques virulentes contre la gouvernance du régime Pastef. Entre accusations de mauvaise gestion économique et contestations sur la méthode de gouvernance, plusieurs voix influentes dénoncent un décalage croissant entre les engagements initiaux du pouvoir et la réalité vécue par les citoyens.
Un bilan gouvernemental sous le feu des critiques
Bouba Ndour, directeur des programmes du Groupe Futurs Médias, a récemment qualifié la gestion actuelle de « plus grosse arnaque de l’histoire politique du Sénégal ». Selon lui, les récents remaniements au sein de l'équipe gouvernementale ne constituent pas un véritable renouvellement, mais plutôt un aveu d'échec. Cette analyse s'inscrit dans un climat de préoccupation générale, où la cherté de la vie est devenue le principal point de friction entre les attentes populaires et les politiques publiques mises en œuvre.
Doutes sur la gestion des finances publiques
Le débat public est également alimenté par des zones d'ombre concernant les finances de l'État. Le programme « Kiiraay », lancé en juillet 2026 pour favoriser la massification politique, est au cœur des interrogations quant à son efficacité réelle. À ces critiques s'ajoutent des allégations graves portant sur la découverte d'une dette dissimulée et la disparition présumée de mille milliards de francs CFA, des éléments qui fragilisent la crédibilité du pouvoir en place auprès d'une partie de l'opinion publique.
Une opposition en ordre de marche
La contestation ne se limite pas aux médias ; elle s'organise au sein de la classe politique. L'ancien ministre Thierno Alassane Sall a dénoncé un « spectacle politique indécent », exhortant les autorités à davantage de considération pour les difficultés rencontrées par les secteurs de l'enseignement, de l'agriculture et de l'économie. De son côté, le Parti de l'indépendance et du travail (PIT) appelle à une mobilisation de l'opposition, qualifiant la trajectoire actuelle du régime d'impasse sociale et politique. Le parti conteste également la légitimité de l'accession d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale, accentuant ainsi la polarisation du débat national.