Le calme est revenu à Niamey après une tentative de déstabilisation orchestrée samedi par des éléments des forces spéciales nigériennes. Si le régime du général Abdourahamane Tiani a repris la main sur la situation, l'épisode souligne les tensions persistantes au sein de l'appareil sécuritaire du pays.
Une opération de neutralisation sous haute surveillance
Après une journée de violences marquées par des tentatives de prise de contrôle du palais présidentiel et de la télévision nationale, les autorités ont verrouillé la capitale. Le périmètre autour de la présidence reste sous haute sécurité, avec des accès filtrés et des patrouilles intensives. La reddition d'une partie des mutins a été suivie d'un assaut mené par la garde présidentielle, appuyée par des véhicules blindés et l'usage de drones par les forces russes de l'Africa Corps, dont l'intervention a été déterminante pour mettre fin aux affrontements.
Des dizaines d'interpellations et un bilan humain incertain
Le gouvernement n'a pas encore communiqué de bilan officiel concernant les victimes de ces combats. Les images diffusées par la télévision nationale ont toutefois montré près d'une centaine de militaires capturés, incluant des femmes et des blessés. Des opérations de ratissage nocturnes ont permis de procéder à de nouvelles arrestations, portant le nombre total de personnes interpellées à plusieurs dizaines. L'identité précise et les grades des mutins restent, à ce stade, non divulgués par les autorités.
Le malaise des unités engagées sur le front antiterroriste
La tentative de putsch, qualifiée par le ministre de la Défense Salifou Mody de « mouvement d'humeur », impliquait des soldats issus des Forces spéciales, déployés habituellement dans les régions de Tillabéri et de Dosso. Ces unités, en première ligne contre les groupes jihadistes dans la zone des trois frontières, expriment depuis plusieurs mois une frustration croissante face aux pertes subies sur le terrain. L'Alliance des États du Sahel (AES) a officiellement dénoncé une « entreprise de déstabilisation » et une « trahison », saluant la « bravoure » des forces loyalistes qui ont permis de contenir cette menace interne.