La capitale nigérienne, Niamey, a retrouvé un calme relatif ce dimanche après une mutinerie militaire ayant secoué les autorités en place. L'ordre a été rétabli par les forces loyales au général Abdourahamane Tiani, appuyées par les éléments du corps paramilitaire russe présent dans le pays.
Une tentative de déstabilisation au cœur du pouvoir
Les affrontements ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi, marqués par une tentative des mutins de prendre d'assaut le complexe présidentiel. Selon des sources sécuritaires, plusieurs assaillants ont été tués lors des combats, tandis que d'autres ont été capturés. Des images diffusées à la télévision nationale ont montré des soldats se rendant aux forces régulières. Si la vie quotidienne a repris son cours, avec la réouverture des commerces et des marchés, un dispositif sécuritaire lourd demeure visible autour de la présidence et de l'aéroport, où les mutins s'étaient initialement retranchés.
Un contexte sécuritaire sous haute tension
Cet épisode de violence interne survient dans un climat déjà fragilisé par une menace jihadiste persistante depuis plus d'une décennie. Le Niger, à l'instar du Mali et du Burkina Faso, fait face à des défis sécuritaires majeurs qui ont déjà conduit à des attaques contre les infrastructures stratégiques, notamment l'aéroport international et la base aérienne, lors d'incidents distincts en janvier et juin derniers. La population, consciente de la fragilité du pays, exprime une volonté de stabilité face à ces menaces récurrentes.
La posture des partenaires internationaux
Depuis le coup d'État de juillet 2023, le Niger a opéré un basculement diplomatique majeur, s'éloignant des puissances occidentales, notamment de la France, pour se rapprocher de la Russie. Malgré ce virage, l'Italie maintient une présence militaire limitée sur le sol nigérien, dédiée à la formation des forces locales. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a souligné que la stabilité du Niger demeure un enjeu fondamental pour la sécurité du Sahel, notamment dans la lutte contre les trafics illicites et la gestion des flux migratoires, tout en confirmant que le personnel italien sur place est en sécurité.