Le recours du Sénégal au Cadre commun du G20 pour sa dette suscite des critiques d'experts

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Le recours du Sénégal au Cadre commun du G20 pour sa dette suscite des critiques d'experts

La décision du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye de solliciter le Cadre commun du G20 pour traiter la dette nationale fait l'objet d'une vive contestation. L'ancien ministre de l'Économie, Abdourahmane Sarr, dénonce un diagnostic erroné et plaide pour une alternative à la restructuration.

Divergences sur la stratégie de traitement de la dette

Le président Bassirou Diomaye Faye a confirmé, lors d'un entretien médiatique, son intention d'utiliser le mécanisme du G20 pour restructurer la dette du pays. Cette orientation est jugée prématurée par Abdourahmane Sarr, président du CEFDEL. Selon l'ancien économiste du FMI, cette décision contredit les messages portés par les autorités lors de récents échanges à Washington. Il estime qu'avant d'envisager une restructuration, le gouvernement aurait dû démontrer l'impossibilité de rendre la dette soutenable par d'autres leviers budgétaires.

Critique du diagnostic économique et du risque d'austérité

Abdourahmane Sarr rejette l'idée que le Sénégal soit contraint de choisir entre une restructuration de sa dette et une politique d'austérité préjudiciable aux populations. Pour l'expert, l'enjeu réside dans une transformation profonde de la dépense publique et une amélioration de l'efficacité des investissements. Il soutient qu'un retour du déficit budgétaire à 3 % du PIB d'ici 2027 est atteignable sans sacrifier les secteurs sociaux, à condition de réformer structurellement les mécanismes de dépenses de l'État.

Remise en question des outils d'analyse du FMI

Au-delà de la stratégie politique, c'est le cadre d'évaluation de la soutenabilité de la dette qui est pointé du doigt. Abdourahmane Sarr souligne que le modèle actuel utilisé par le FMI et la Banque mondiale pour les pays à faible revenu ne reflète pas adéquatement les spécificités du Sénégal et de l'espace UEMOA. Il appelle à une évaluation rigoureuse basée sur les réformes récentes de ces institutions, qui doivent entrer en vigueur progressivement d'ici 2027. Pour l'économiste, le Sénégal ne se trouve pas dans une trajectoire de rupture justifiant un traitement immédiat de ses créanciers.

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