Le récit de Lumière Kololo met en lumière la crise persistante des enfants des rues à Kinshasa

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Le récit de Lumière Kololo met en lumière la crise persistante des enfants des rues à Kinshasa

Le témoignage de l'écrivain Lumière Kololo, ancien enfant des rues à Kinshasa, offre un éclairage cru sur la précarité extrême et les violences subies par des milliers de mineurs dans la capitale congolaise. Son parcours, de l'errance à la réinsertion par l'écriture, illustre les failles d'un système social incapable de protéger une jeunesse marginalisée et stigmatisée.

Un parcours marqué par l'exclusion et la résilience

Lumière Kololo a basculé dans la rue à l'âge de dix ans, après avoir été chassé de son foyer suite à une agression subie alors qu'il travaillait. Durant cinq années d'errance, il a été confronté à la violence physique et sexuelle, des traumatismes qu'il a choisi de consigner dans son ouvrage Balabala Ebota Mwana Te. Ce processus d'écriture a agi comme un levier de reconstruction personnelle, lui permettant de dépasser le sentiment d'échec et de reprendre un apprentissage académique tardif au sein d'un centre d'accueil, où il a également acquis une formation en menuiserie.

La stigmatisation au cœur du phénomène

Le cas de Lumière Kololo n'est pas isolé dans une ville où les estimations associatives évaluent à près de 50 000 le nombre d'enfants vivant en situation de rue. Selon Cédrick Tshimbalanga, directeur du centre Mokili Na Poche, la persistance de ce phénomène est alimentée par des facteurs sociaux profonds. Depuis les crises économiques des années 1990, la stigmatisation des enfants, parfois accusés de sorcellerie par certaines structures religieuses, a accéléré leur rejet familial et leur basculement vers la précarité urbaine.

L'urgence d'une réponse des pouvoirs publics

La situation des enfants des rues à Kinshasa est aujourd'hui perçue par les acteurs de terrain comme une bombe à retardement sociale. L'absence de chiffres officiels et de politiques publiques structurées laisse ces mineurs sans éducation ni perspectives d'insertion. Pour les observateurs, ce vide institutionnel favorise directement l'émergence de phénomènes de délinquance juvénile, tels que les gangs « Kuluna ». L'appel est lancé aux autorités congolaises pour une prise en charge urgente, faute de quoi l'abandon de cette jeunesse continuera de peser lourdement sur la sécurité et la stabilité de la capitale.

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