15 morts en une nuit : quand les routes guinéennes deviennent des pièges mortels

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
15 morts en une nuit : quand les routes guinéennes deviennent des pièges mortels

Un drame qui ne devrait plus jamais se reproduire La pluie, l’excès de vitesse, et des voitures surchargées : cette combinaison mortelle a fauché 15 vies à Diarabassa, près de Mamou. Un bilan qui hante. Comment en est-on arrivé là ?


La nuit où la route a basculé en enfer C’était un dimanche soir, vers 1h du matin. Sous une pluie battante, deux véhicules se sont percutés avec une violence inouïe. Un camion-remorque et un taxi Peugeot 505, en provenance de Conakry, fonçaient vers Sannou (Labé). Résultat : 15 morts sur le coup, dont 8 femmes et 4 enfants, et un blessé grave. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Mais ce qui glace le sang, c’est la surpopulation du taxi. 16 passagers pour une voiture conçue pour 6. Même en enlevant les 4 enfants, le taux d’occupation frôle les 183 % – un record macabre, loin des 150 % déjà choquants de nos taxis.


Deux fautes fatales, une impunité tenace Derrière ce drame, deux infractions criantes :

  1. L’excès de vitesse, ce fléau endémique. Les conducteurs roulent comme s’ils défiaient la mort, quand la pluie rend la route traîtreuse.
  2. Le mépris des limites humaines : une voiture transformée en caisse à passagers, où la sécurité n’existe plus.

Et pourtant, rien ne change. Les contrôles sont trop rares, les sanctions trop légères. Les conducteurs savent : on ne paiera pas le prix de ses excès.


La pluie, la fatigue, les phares éteints : l’alchimie du désastre La météo a joué un rôle clé. Chaussée glissante, visibilité réduite, phares peut-être défaillants… Mais au-delà des conditions, c’est l’homme qui a tout déclenché. Fatigue ? Précipitation ? Peu importe. Le résultat est le même : des vies brisées en quelques secondes.


Que faire ? Des solutions existent, mais personne n’agit Pourquoi tant de morts évitables ?

  • Sanctionner sans pitié l’excès de vitesse. Des radars, des contrôles aléatoires, et des peines qui font mal au portefeuille.
  • Interdire purement et simplement les surcharges. Un taxi, c’est pour 6 personnes. Point.
  • Sensibiliser les passagers, ces mêmes victimes qui montent sans réfléchir. La sécurité, c’est aussi leur responsabilité.
  • Apprendre des erreurs passées. Pourquoi toujours les mêmes accidents aux mêmes endroits ? Parce que personne ne tire les leçons.

La route, c’est un contrat social. Et nous le violons chaque jour. Chaque jour, des Guinéens prennent leur voiture, leur moto, leur bus, en sachant que la mort rôde. Mais est-ce une fatalité ? Non. C’est une question de volonté politique et de respect mutuel.

Alors, jusqu’à quand ? Jusqu’à quand accepterons-nous que nos routes soient des tombes à ciel ouvert ? Jusqu’à quand laisserons-nous les conducteurs et les passagers jouer avec le feu ?

La réponse est simple : plus jamais.


Un cri du cœur Mes pensées vont vers les familles endeuillées. 15 vies en moins, 15 rires étouffés, 15 rêves brisés. Et pour quoi ? Pour quelques minutes d’économie sur l’essence ? Pour un peu plus de vitesse ?

La route n’est pas un jeu. Elle est un droit. Et ce droit, nous devons le protéger – pour nous, pour nos enfants, pour ceux qui viennent.

*(Balla Moussa Konaté –

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.