Face aux accusations récurrentes de complaisance envers le Kremlin, les dirigeants du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont adopté une ligne de fermeté inédite. Ce repositionnement intervient dans un contexte de tensions accrues sur les menaces hybrides, tout en maintenant une divergence marquée sur le soutien financier apporté à Kiev.
Une souveraineté nationale réaffirmée
Dans un communiqué officiel, les deux figures de proue du parti d'extrême droite ont martelé que la politique étrangère française ne saurait être dictée par Moscou. Ils rejettent toute forme d'intimidation ou de déstabilisation, qualifiant d'hostile la récente saisie par la Russie d'actifs appartenant à des entreprises européennes, telles que Nestlé ou Auchan. Cette déclaration s'accompagne d'un soutien aux mesures de protection des infrastructures stratégiques françaises, une réponse directe aux alertes lancées par l'exécutif sur les risques d'attaques hybrides.
La persistance d'un désaccord sur l'aide à Kiev
Malgré ce ton martial, le RN maintient ses réserves sur l'engagement financier de la France en Ukraine. Marine Le Pen a récemment réitéré que, si la formation des soldats et l'envoi de matériel défensif restent envisageables, les capacités budgétaires de l'État ne permettraient plus de soutenir financièrement Kiev au niveau actuel. Cette position, déjà illustrée par les déclarations de Louis Aliot sur la nécessité de « couper le robinet » des aides, demeure le point de friction majeur avec la majorité présidentielle.
Un « double discours » dénoncé par l'exécutif
Cette nouvelle posture est vivement critiquée par le camp présidentiel. Gabriel Attal a qualifié cette stratégie de « double discours insupportable », arguant que limiter le soutien financier à l'Ukraine renforcerait mécaniquement la menace russe sur l'Europe. Au sein de l'exécutif, certains observateurs y voient une tentative de Marine Le Pen de corriger son image sur les questions internationales, après son absence remarquée lors d'une récente réunion à l'Élysée consacrée aux enjeux de sécurité. Pour ses adversaires, ce communiqué ne suffirait pas à occulter les positions historiques du parti sur le dossier ukrainien.