Le Rassemblement national (RN) a franchi une étape institutionnelle majeure lors des élections sénatoriales du 27 septembre, en faisant élire neuf nouveaux membres à la chambre haute. Ce résultat, couplé aux trois sièges déjà détenus, permet au parti de Jordan Bardella de constituer, pour la première fois de son histoire, un groupe parlementaire au Sénat en s'alliant avec la formation UDR d'Éric Ciotti.
Une stratégie d'implantation territoriale payante
La dynamique électorale du RN s'appuie sur une progression constante dans les collectivités locales, notamment après les succès enregistrés lors des récentes élections municipales dans le Sud et le Sud-Est. Cette implantation locale a facilité la conquête de sièges dans des départements clés comme les Bouches-du-Rhône, où deux élus issus des rangs des Républicains avant de rejoindre le RN en 2025 et 2026, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, ont été désignés. Le parti a également consolidé ses positions dans le Var, le Vaucluse, le Gard et l'Hérault.
L'alliance avec l'UDR et les nouveaux équilibres
Au-delà des candidats directement étiquetés RN, l'alliance avec l'UDR d'Éric Ciotti s'avère déterminante pour la constitution du groupe. Dans les Alpes-Maritimes, le député européen Laurent Castillo et l'adjointe au maire de Nice, Gaëlle Frontoni, ont été élus sous cette bannière. Par ailleurs, la victoire de Sylvie Goy-Chavent dans l'Ain, bien que sans étiquette RN ou UDR, est revendiquée par la formation d'Éric Ciotti, illustrant la porosité des électorats de droite et d'extrême droite dans ces scrutins.
Une percée géographique diversifiée
Si le Sud-Est demeure le bastion principal de cette progression, le RN a également étendu son influence vers d'autres régions. L'élection d'Edwige Diaz, vice-présidente du parti, en Gironde, marque une avancée significative dans le Sud-Ouest. Plus surprenant encore, le succès de Léon Levasseur en Seine-Maritime démontre une capacité du parti à s'imposer dans des territoires du Nord, au-delà de ses zones d'influence traditionnelles. Avec désormais douze sénateurs au total, le groupe nouvellement formé dispose d'une capacité d'action renforcée au sein du palais du Luxembourg, modifiant ainsi les rapports de force parlementaires habituels.