Les autorités sanitaires américaines ont validé le Rasonque, un traitement oral contre le cancer du pancréas, offrant aux patients une espérance de vie doublée par rapport à la chimiothérapie classique. Cette décision, saluée par les oncologues, pourrait redéfinir les standards de prise en charge d’une maladie parmi les plus mortelles au monde.
Un médicament révolutionnaire pour une maladie dévastatrice
Le Rasonque, développé par la start-up Revolution Medicines, cible une forme agressive mais fréquente de cancer du pancréas. Contrairement à la chimiothérapie, ce traitement en comprimés agit sur une protéine spécifique (RAS), impliquée dans la division cellulaire incontrôlée, un mécanisme clé de plusieurs cancers. Lors des essais cliniques, la moitié des patients sous Rasonque ont survécu plus de 13 mois, contre environ 6 mois pour ceux sous chimiothérapie. Une avancée qualifiée d’« historique » par Anna Berkenblit, directrice scientifique de PanCAN, une organisation dédiée à cette maladie.
Disponibilité immédiate aux États-Unis, mais à quel coût ?
Le traitement est désormais accessible aux États-Unis après une procédure accélérée de la FDA. Son prix catalogue s’élève à 39 800 dollars (34 156 euros) pour un mois de traitement, un montant justifié par Revolution Medicines comme reflétant son « bénéfice sans précédent » en termes de survie. Cependant, les coûts réels pour les patients varieront fortement : certains pourraient bénéficier d’une couverture totale, tandis que d’autres devront assumer un reste à charge de plusieurs milliers de dollars. L’entreprise a également annoncé que le Rasonque est en cours d’examen par l’Agence européenne du médicament (EMA).
Une molécule aux perspectives élargies
Au-delà du cancer du pancréas, le Rasonque pourrait ouvrir la voie à des traitements contre d’autres maladies. La protéine RAS, ciblée par ce médicament, joue un rôle dans plusieurs cancers, dont certains restent aujourd’hui incurables. Cette innovation relance l’espoir d’une approche thérapeutique plus large, alors que le cancer du pancréas, responsable de près de 470 000 décès en 2022, affiche un taux de survie à cinq ans inférieur à 5 %. Les résultats du traitement, présentés lors du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (Asco), ont déjà suscité l’enthousiasme de la communauté médicale internationale.