Le projet de l'Union européenne d'accueillir le Canada comme premier « membre associé » a déclenché une vive réaction de la Maison Blanche. Donald Trump a menacé d'imposer de lourds droits de douane au bloc européen, qualifiant cette alliance potentielle d'acte hostile, alors même qu'Ottawa cherche à diversifier ses partenaires commerciaux pour réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Une escalade des tensions commerciales
La menace américaine s'inscrit dans un contexte de dégradation des relations entre Washington et Ottawa. Donald Trump a récemment signé un mémorandum visant à exclure les produits canadiens des marchés publics fédéraux, en réponse à la politique « Buy Canadian » du gouvernement d'Ottawa. Le président américain, qui qualifie le Canada de partenaire commercial défaillant, a averti que toute avancée dans le rapprochement entre Bruxelles et le Canada pourrait entraîner des mesures de rétorsion douanière contre les exportations européennes.
L'ambition d'une « Alliance pour l'avenir »
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a officiellement proposé de transformer l'accord de libre-échange existant (CETA) en une « Alliance pour l'avenir ». Ce partenariat stratégique, soutenu par le Premier ministre canadien Mark Carney, vise à créer un espace de sécurité économique commune. Le périmètre de cette coopération est vaste : il englobe les minerais critiques, l'intelligence artificielle, la cybersécurité, l'énergie et la production de défense. Pour Ottawa, l'objectif est clair : renforcer sa souveraineté en s'affranchissant de la dépendance aux marchés américains, qui absorbent actuellement 70 % de ses exportations.
La souveraineté au cœur du pivot canadien
Malgré l'ampleur du rapprochement envisagé, le Canada a clarifié ses intentions par la voix de son ambassadeur désigné auprès de l'UE, Jonathan Wilkinson. Ottawa ne souhaite pas devenir un membre à part entière de l'Union, ce qui impliquerait une perte de souveraineté, mais cherche à s'en rapprocher au maximum. Ce pivot vers l'Europe, déjà esquissé lors du Forum économique mondial de Davos, répond à la volonté de Mark Carney de ne plus négocier en position de faiblesse face à un hégémon unique. Si l'UE assure que ce partenariat n'est dirigé contre personne, la réaction de Washington souligne la fragilité des équilibres commerciaux actuels face à la volonté des puissances moyennes de réorganiser leurs alliances.