Le groupe de travail présidé par l’ancien Chief Justice David Maraga a publié un rapport qui pointe du doigt le manque d’indépendance du Service national de police (NPS) et propose un processus de recrutement compétitif pour les plus hautes fonctions. Le document recommande également de réviser la législation de 2014, jugée contraire à la neutralité de la police.
Un audit mené par un ancien magistrat de la Cour suprême
Le task‑force, constitué de juristes, d’experts en sécurité et de représentants de la société civile, a été mandaté par le président de l’Université du Kenya (UGM) pour examiner les structures de commandement du NPS. Sous la direction de David Maraga, le groupe a évalué les pratiques de nomination, les cadres législatifs et les influences politiques qui pèsent sur la police.
Recommandations clés : recrutement ouvert et contrôle renforcé
Parmi les propositions majeures, le rapport préconise l’instauration d’un processus de sélection ouvert et basé sur le mérite pour le poste d’Inspector General (IG) et ses deux adjoints. Cette mesure viserait à placer les postes de direction sous le regard d’un comité indépendant, afin d’éviter les nominations à des fins partisanes. Le texte suggère également la création d’un mécanisme de suivi permanent pour garantir la transparence des nominations futures.
La loi de 2014, un obstacle à l’autonomie policière
Le rapport critique la Security Laws (Miscellaneous Amendment) Act de 2014, qu’il qualifie de « mauvaise foi » parce qu’elle affaiblit la capacité du NPS à agir de façon autonome. Selon l’analyse de Maraga, cette loi ouvre la porte à des ingérences politiques, renforce la dépendance du corps policier à l’égard du pouvoir exécutif et perpétue un modèle hérité de l’époque coloniale où la police était un instrument de contrôle étatique.
Implications pour la gouvernance et la sécurité nationale
Si les recommandations sont adoptées, le NPS pourrait gagner en légitimité auprès du public, réduire les risques de « capture d’État » et améliorer la confiance dans les opérations de maintien de l’ordre. Le rapport souligne toutefois que la mise en œuvre dépendra de la volonté politique du gouvernement et de la capacité du parlement à réviser la législation incriminée.
Prochaines étapes et défis à relever
Le gouvernement kényan n’a pas encore communiqué de réponse officielle, mais le débat public s’intensifie autour de la nécessité de séparer la police des intérêts partisans. Les acteurs de la société civile appellent à une adoption rapide des mesures proposées, tandis que les partis d’opposition surveillent de près toute tentative de manipulation du processus de réforme.