La récente publication du rapport de la State Interests and Governance Authority (SIGA) au Ghana suscite une vive controverse. Dennis Miracles Aboagye, figure de la communication du NPP, accuse le gouvernement d'avoir orchestré une mise en scène politique autour de ces chiffres pour masquer des problèmes structurels persistants au sein des institutions étatiques.
Une interprétation contestée des bénéfices
Au centre du débat se trouve l'annonce de 19 milliards de cedis de bénéfices cumulés par les entreprises d'État. Pour M. Aboagye, cette communication, initiée par le ministère de la Communication, vise à créer l'illusion d'une transformation spectaculaire en un temps record. Il souligne l'invraisemblance d'un redressement opérationnel global en moins d'un an, citant notamment le cas de la COCOBOD, dont les difficultés structurelles sont bien connues et nécessitent, selon lui, une analyse plus rigoureuse que la simple lecture de résultats financiers ponctuels.
La confusion entre excédents et performance
L'argument central de la critique repose sur la nature même des fonds comptabilisés. Sur les 19 milliards de cedis annoncés, 6,5 milliards proviendraient d'excédents budgétaires. M. Aboagye soutient que ces sommes ne reflètent pas une efficacité accrue, mais plutôt une sous-utilisation des ressources allouées. Il pointe du doigt des institutions recevant des fonds publics destinés à des programmes sociaux qui, faute d'avoir été pleinement déployés, se retrouvent comptabilisés comme des bénéfices. Selon lui, laisser ces fonds inutilisés en banque ne témoigne pas d'une bonne gestion, mais d'une incapacité à exécuter les missions de service public.
Le besoin d'une analyse institutionnelle approfondie
Loin de nier la rentabilité de certaines entités, M. Aboagye rappelle que 35 entreprises publiques affichaient déjà des profits avant 2025, rendant le caractère « inédit » de la performance actuelle discutable. Il plaide pour une approche plus granulaire : au lieu de se concentrer sur un chiffre global agrégé, il préconise un examen détaillé de chaque organisation pour identifier les changements réels de gouvernance et de stratégie. Cette méthode permettrait de distinguer les véritables succès opérationnels des simples effets d'aubaine comptables, offrant ainsi une vision plus transparente de la santé réelle du portefeuille de l'État.