Déjà incarcéré dans le cadre d'une vaste affaire d'escroquerie foncière, le promoteur immobilier Djiby Ciss fait face à une nouvelle procédure judiciaire. Le cumul des deux dossiers portés devant les autorités judiciaires atteint désormais 433,7 millions de francs CFA, illustrant la complexité des litiges fonciers dans la zone de Mbour.
Une transaction foncière contestée à Sindia
La nouvelle plainte, déposée par une acquéreuse identifiée sous les initiales M.C.C. Sarr, porte sur une transaction initiée en 2023. La plaignante affirme avoir versé un acompte de 33,7 millions de francs CFA pour l'achat d'un terrain de plus de deux hectares situé à Sorokh Khassap, dans la commune de Sindia. En contrepartie, le promoteur lui aurait remis 42 délibérations municipales censées garantir la régularité du site. La transaction a toutefois tourné au litige lorsque l'acquéreuse a constaté l'érection d'un mur sur la parcelle, rendant l'exploitation du terrain impossible selon ses attentes initiales.
La défense du promoteur face aux enquêteurs
Extrait de la maison d'arrêt de Rebeuss par la Division des investigations criminelles, Djiby Ciss a reconnu avoir perçu les fonds, mais conteste les accusations d'escroquerie. Il soutient que le mur observé par la plaignante ne se situe pas sur la parcelle objet du contrat. Par ailleurs, le promoteur a désigné un tiers, un certain A. Sène, comme étant le vendeur initial du terrain. Selon les déclarations de M. Ciss, il aurait lui-même versé 40 millions de francs CFA à cet intermédiaire, bien qu'aucun acte de vente formel n'ait été établi pour officialiser cette acquisition foncière.
Un passif judiciaire alourdi
Cette affaire s'inscrit dans un contexte judiciaire déjà tendu pour le promoteur de 50 ans, domicilié à Bandia-Séssène. Djiby Ciss est sous mandat de dépôt depuis août 2026, suite à une décision du Pool judiciaire financier concernant un premier dossier d'escroquerie foncière évalué à 400 millions de francs CFA. La multiplication des plaintes et l'implication de multiples acteurs dans ces transactions soulignent les risques persistants liés à l'insécurité juridique des titres fonciers dans les zones périurbaines en pleine mutation. La justice devra désormais déterminer la responsabilité des différentes parties dans ces transactions aux contours administratifs flous.