Le dispositif VACS, initié par l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Bambey, a produit des dizaines de tonnes de semences améliorées pour le mil, le niébé, l'arachide et le sorgho dans douze régions. Le ministre de l'Agriculture, Cheikhou Oumar Ba, envisage désormais d'étendre ce modèle à l'échelle nationale afin de renforcer la souveraineté semencière du pays.
Des variétés locales testées dans tout le pays
Depuis son lancement, le projet VACS a été déployé dans les régions de Thiès, Kaffrine, Kaolack, Fatick, Ziguinchor et Sédhiou, parmi d'autres. Les chercheurs de l'ISRA ont sélectionné des variétés de mil, de niébé, d'arachide et de sorgho spécialement adaptées aux conditions agro‑climatiques de chaque zone. Cette approche locale a permis d'améliorer la résilience des cultures face aux variations de précipitations et aux températures élevées, deux enjeux majeurs pour la sécurité alimentaire du Sénégal.
Une chaîne de valeur renforcée entre recherche, semenciers et agriculteurs
Le projet a créé un véritable pont entre les laboratoires de l'ISRA, les entreprises semencières et les coopératives de producteurs. Des agriculteurs formés ont servi de relais pour diffuser les nouvelles semences, garantissant ainsi une adoption rapide sur le terrain. Au total, plusieurs dizaines de tonnes de semences ont été produites à un coût jugé accessible, ce qui a facilité leur acquisition par les petits exploitants.
Le ministre Oumar Ba mise sur un ISRA renforcé pour une mise à l’échelle
Cheikhou Oumar Ba, ministre de l'Agriculture, a souligné la nécessité de doter l'ISRA de moyens humains et matériels supplémentaires. Il propose notamment de renforcer les effectifs, d'équiper les laboratoires de technologies de pointe et de développer des synergies avec les universités et les pôles régionaux. Cette stratégie s'inscrit dans la continuité de son expérience passée au sein de l'ISRA, où il a dirigé le bureau macroéconomique au début des années 2000.
Vers la souveraineté semencière et alimentaire du Sénégal
Pour garantir la disponibilité des semences, le ministère prévoit une programmation pluriannuelle associant variétés existantes et semences de pré‑base. Le président du Groupe sur les systèmes semenciers, Issoufou Kapran, a rappelé que le mil et le niébé, bien que cruciaux pour les ménages, restent sous‑investis. Il appelle les décideurs à accorder davantage de ressources à ces cultures traditionnelles, qui sont parmi les plus résilientes aux changements climatiques.
Enjeux et perspectives
Si le projet VACS est reproduit à l’échelle nationale, il pourrait contribuer à réduire la dépendance du Sénégal aux importations de semences, tout en stimulant l’économie rurale. Le succès dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à mobiliser les financements nécessaires et à assurer une coordination efficace entre les acteurs publics et privés. Le suivi de ces actions sera décisif pour mesurer l’impact réel sur la sécurité alimentaire du pays.