Le projet de cohésion sociale des régions septentrionales du golfe de Guinée (SOCO) reprend son cours dans le nord du Ghana et la région de l'Oti. Après une période de blocage financier, le ministère ghanéen des Finances a débloqué les fonds nécessaires pour permettre aux entreprises de retourner sur les sites et finaliser les infrastructures essentielles.
Une reprise opérationnelle sur le terrain
Elizabeth Ohenewa Agyei, coordinatrice nationale du projet, a confirmé que les entrepreneurs sont actuellement en phase de mobilisation pour relancer les chantiers. Ce programme, soutenu par la Banque mondiale, vise à améliorer l'accès aux services de base, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'eau et des marchés locaux. Au-delà de la reprise des travaux, les autorités envisagent déjà une troisième phase du projet, témoignant d'une volonté de pérenniser ces interventions dans les zones fragiles.
Renforcer la résilience face aux menaces sécuritaires
Lors d'une session de travail conjointe entre le Ghana et le Togo à Nalerigu, l'importance stratégique du projet SOCO a été réaffirmée. Ibrahim Tia, ministre régional du Nord-Est, a souligné que ces investissements ne sont pas seulement des projets d'infrastructure, mais des leviers de stabilité. Dans un contexte régional marqué par l'instabilité au Sahel, le développement économique est perçu comme un rempart contre l'extrémisme violent, la criminalité transfrontalière et le trafic d'armes, des menaces qui exploitent souvent la pauvreté et l'exclusion sociale.
Une coopération transfrontalière accrue
La rencontre entre les délégations ghanéenne et togolaise illustre la nécessité d'une approche régionale coordonnée. Le projet SOCO, déployé également au Bénin et en Côte d'Ivoire, mise sur la collaboration entre les gouvernements et les communautés frontalières. Pour les autorités, le succès de l'initiative ne doit pas se limiter au nombre de bâtiments construits, mais se mesurer à la qualité des services offerts, à l'amélioration concrète des moyens de subsistance et au renforcement de la confiance au sein des populations locales.
Vers une évaluation qualitative du développement
Les parties prenantes insistent sur une vision du développement qui dépasse la simple construction physique. L'enjeu est désormais d'autonomiser les institutions locales et d'inclure davantage les jeunes et les femmes dans le processus de développement. Des visites de terrain, notamment à Nakpanduri et Bimbago, sont prévues pour recueillir directement les retours des bénéficiaires et ajuster les interventions en fonction des besoins réels, garantissant ainsi que les investissements contribuent durablement à la paix et à la résilience des zones frontalières.