À l'occasion du 117e anniversaire de la naissance de Kwame Nkrumah, le professeur P.L.O. Lumumba a exhorté le continent à dépasser la simple commémoration pour s'atteler à l'achèvement du projet panafricain. Pour l'universitaire, l'indépendance politique acquise par les États africains reste incomplète sans une véritable unité économique et une souveraineté technologique.
L'héritage d'une vision continentale
Le professeur Lumumba a rappelé que la force de la vision de Nkrumah résidait dans son refus de limiter la libération du Ghana à ses seules frontières nationales. Dès 1957, le premier président ghanéen concevait l'indépendance de son pays comme indissociable de celle du reste du continent. Accra est ainsi devenue, sous son impulsion, le foyer intellectuel et politique des mouvements de libération, accueillant des figures historiques telles que Nelson Mandela, Julius Nyerere, Amílcar Cabral ou encore des intellectuels comme W.E.B. Du Bois. Cette dynamique a culminé avec la création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1963, posant les jalons de l'actuelle Union africaine.
Défis contemporains et dépendance extérieure
Loin d'être un sujet historique clos, la pensée de Nkrumah est présentée par le professeur Lumumba comme une réponse directe aux crises actuelles. Il pointe du doigt la persistance des conflits armés, notamment au Soudan, en Somalie et dans les régions anglophones du Cameroun, ainsi que la menace terroriste au Sahel. Plus largement, il dénonce une dépendance structurelle de l'Afrique vis-à-vis de l'extérieur pour ses besoins fondamentaux : médicaments, alimentation, technologies et même la narration médiatique des réalités africaines.
L'impératif de l'autosuffisance technologique
Pour P.L.O. Lumumba, l'achèvement du projet panafricain exige aujourd'hui une transformation radicale des capacités productives du continent. Il souligne que l'industrialisation et le développement énergétique, illustrés en leur temps par le projet d'Akosombo, doivent être complétés par une maîtrise technologique locale. L'usage des drones et des outils numériques est cité comme un domaine où l'Afrique doit impérativement développer ses propres capacités de conception et de fabrication. En somme, l'appel lancé à Nkroful est celui d'une transition vers une autonomie réelle, où l'unité africaine ne serait plus un idéal théorique, mais le socle d'une puissance économique capable de résister aux influences extérieures.