Face à l'impact prolongé de la crise sécuritaire sur le système scolaire, Plan International Burkina Faso a officiellement lancé le projet « Éducation d'Urgence au Burkina et Amélioration de la Sécurité des Enfants » (ÉDU-BASE). Cette initiative, dotée d'un budget de plus de 761 millions de francs CFA, vise à garantir un accès à l'éducation primaire et un cadre protecteur à plus de 12 000 enfants dans les régions du Nakambé et de la Sirba.
Une réponse ciblée face à la rupture éducative
Le projet ÉDU-BASE intervient dans des zones où le tissu éducatif a été fragilisé par les déplacements massifs de populations. Dans les communes de Gayéri et Ouargaye, les structures scolaires font face à des effectifs saturés, atteignant parfois 100 élèves par classe, et à une précarité accrue pour les enfants déplacés internes. Le diagnostic réalisé par l'organisation souligne non seulement une interruption du parcours scolaire, mais aussi des risques accrus de violences et de séparation familiale pour les mineurs.
Stratégies de scolarisation et protection communautaire
Pour pallier ces difficultés, le programme mise sur une approche hybride combinant éducation formelle et non formelle. Le déploiement de 45 centres de Stratégie de scolarisation accélérée/passerelle (SSAP) permettra aux enfants déscolarisés de réintégrer le cursus classique après un cycle intensif de neuf mois. Au-delà de l'aspect pédagogique, le projet intègre des mécanismes de protection communautaire et la création d'espaces « Amis des enfants », destinés à offrir un environnement sécurisé et propice à leur épanouissement social.
Coordination et pérennisation des actions
Prévu pour s'étendre jusqu'en juillet 2028, ÉDU-BASE repose sur une collaboration étroite avec les services techniques de l'État et des acteurs locaux, notamment les associations Todi Yaba et Solidarité Action Faire Face. Les autorités régionales, représentées lors du lancement à Tenkodogo, ont insisté sur l'impératif de synergie entre les partenaires humanitaires et les services publics. Cette coordination est présentée comme un levier essentiel pour assurer l'appropriation des actions par les communautés et garantir une réponse efficace aux besoins spécifiques des élèves, en particulier les filles, qui représentent plus de la moitié des bénéficiaires ciblés.
Un engagement humanitaire de long terme
Ce projet s'inscrit dans la stratégie globale de Plan International au Burkina Faso, qui place l'éducation et la protection des droits des enfants au centre de ses priorités pour la période 2025-2027. En finançant cette initiative via son département humanitaire, l'Union européenne soutient une démarche qui ne se limite pas à la distribution de kits scolaires, mais cherche à renforcer la résilience des systèmes éducatifs locaux face aux chocs sécuritaires persistants.