La tentative de Gianni Infantino d'ouvrir les compétitions de la FIFA à des capitaux privés a suscité une vive controverse, isolant davantage le président de l'instance mondiale. Ce projet, initialement présenté comme un levier de développement pour le football mondial, fait désormais face à un désaveu de ses partenaires financiers et à une pression judiciaire accrue.
Le retrait stratégique de Thrive Capital
Joshua Kushner, dirigeant de Thrive Capital et soutien initial du projet, a publiquement pris ses distances avec l'initiative. Dans un communiqué, l'homme d'affaires américain a admis une méconnaissance profonde des enjeux politiques entourant le football mondial. Bien qu'il défende toujours l'idée d'une injection de fonds pour le football amateur et la formation des jeunes, il reconnaît que son groupe a sous-estimé les résistances suscitées par cette proposition. Face au tollé provoqué, le projet a été officiellement abandonné, Kushner affirmant que son implication aurait été différente s'il avait anticipé une telle réaction.
L'offensive juridique de l'UEFA
Si le projet est suspendu, les conséquences pour Gianni Infantino restent significatives. L'UEFA, sous la direction d'Aleksander Čeferin, maintient une posture ferme et n'exclut pas une action pénale contre le président de la FIFA. Dans le cadre de cette surveillance accrue, l'instance européenne a sollicité un tribunal new-yorkais afin d'obtenir de Thrive Capital la transmission de tous les documents relatifs aux discussions engagées avec la FIFA.
Un climat de défiance institutionnelle
La séquence souligne la fragilité de la gouvernance actuelle de la FIFA, prise en étau entre ses ambitions de transformation économique et la méfiance des autres instances dirigeantes du football. Le revirement des investisseurs privés, couplé à la détermination de l'UEFA à faire la lumière sur les coulisses de ce projet, place Gianni Infantino dans une position de plus en plus isolée sur la scène internationale. La gestion de ce dossier, qui devait initialement moderniser le financement du sport, se transforme en une crise de crédibilité majeure pour l'institution.