Le projet de subvention pétrolière d'Atiku Abubakar au cœur d'une controverse juridique et budgétaire au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Le projet de subvention pétrolière d'Atiku Abubakar au cœur d'une controverse juridique et budgétaire au Nigeria

Le Conseil de campagne présidentiel du parti au pouvoir (APC-PCC) a vivement critiqué la proposition de l'ancien vice-président Atiku Abubakar visant à instaurer une « subvention à la production » pour le carburant raffiné localement. Cette passe d'armes met en lumière des divergences fondamentales sur la gestion du secteur pétrolier nigérian et la viabilité des politiques publiques face aux contraintes budgétaires actuelles.

Conflit avec le cadre légal du secteur pétrolier

Le cœur de la critique formulée par l'APC-PCC repose sur la conformité de cette mesure avec le Petroleum Industry Act (PIA) de 2021. Selon le conseil, la loi impose des conditions de marché libre pour la fixation des prix de gros et de détail, excluant toute intervention administrative en l'absence de défaillance de marché déclarée. Le camp présidentiel somme Atiku Abubakar de préciser le cadre juridique qui permettrait d'imposer des prix plafonds aux raffineurs, soulignant qu'une telle démarche pourrait entrer en contradiction directe avec les réformes structurelles déjà engagées.

Risques fiscaux et menace de contrebande

Au-delà de l'aspect légal, le gouvernement s'inquiète des conséquences financières d'une telle politique. L'APC-PCC estime que le coût annuel d'une subvention à la production pourrait atteindre entre 17 et 21 billions de nairas. Le conseil avertit qu'une réduction du prix du brut destiné aux raffineries locales diminuerait les revenus de la Fédération, risquant de replonger les États dans une crise budgétaire les empêchant d'honorer leurs engagements, notamment le paiement des salaires et des pensions. Par ailleurs, le gouvernement craint que ce mécanisme ne favorise la contrebande vers les pays voisins, un phénomène qui avait largement grevé les finances publiques sous l'ancien système.

La stratégie alternative du gouvernement

Face à la pression sur le coût de la vie, l'administration du président Bola Tinubu privilégie une transition vers le gaz naturel comprimé (GNC) et les transports électriques. Le gouvernement met en avant des résultats concrets, affirmant que plus de 120 000 véhicules ont déjà été convertis au GNC. Dans plusieurs États, cette alternative permet aux usagers de réduire leurs frais de transport de 31 à 83 %. Le pouvoir en place insiste sur le fait que la dérégulation du marché, bien que difficile, a favorisé l'investissement privé, citant notamment la montée en puissance de la raffinerie Dangote, désormais capable de traiter 650 000 barils par jour.

Un débat sur la cohérence politique

L'APC-PCC a également rappelé les positions passées d'Atiku Abubakar, qui avait par le passé soutenu la suppression des subventions, les qualifiant de système frauduleux. Le conseil demande à l'ancien vice-président d'expliquer pourquoi il préconise aujourd'hui un retour à une forme de subvention, tout en exigeant une analyse indépendante et chiffrée de son projet. Pour l'heure, le gouvernement maintient sa ligne : toute intervention dans le secteur aval doit être transparente, légale et capable de générer des bénéfices mesurables pour les consommateurs sans compromettre la stabilité macroéconomique du pays.

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