Le projet de loi de finances rectificative 2026 rejeté par l'Assemblée nationale après une vive controverse

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le projet de loi de finances rectificative 2026 rejeté par l'Assemblée nationale après une vive controverse

La séance plénière consacrée à l'examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a tourné court ce mardi 3 novembre. Les députés ont massivement voté en faveur d'une question préalable, entraînant le rejet pur et simple du texte gouvernemental sans même ouvrir la discussion générale.

Accusations de falsification au sein de la Commission des finances

Le débat parlementaire a été marqué par une rupture de confiance majeure. Le député Abdou Mbow a publiquement accusé la Commission des finances et du contrôle budgétaire d'avoir falsifié le rapport présenté par son rapporteur général, Mady Danfakha. Selon le parlementaire, le compte rendu des échanges tenus en commission ne refléterait pas fidèlement la réalité des discussions, une pratique qu'il qualifie de périlleuse pour l'intégrité de l'institution législative.

Divergences entre le gouvernement et les parlementaires

La tension ne s'est pas limitée aux rangs des députés. Le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a lui aussi émis des réserves substantielles sur le document produit. Le ministre a notamment contesté la transcription des échanges concernant les projets hospitaliers à Bakel, Saint-Louis, Mbour, Ziguinchor et Kaolack, affirmant que le sujet n'avait été abordé que sous l'angle des crédits. Il a également dénoncé une mauvaise interprétation des débats sur les fonds spéciaux et la hiérarchie des normes. Face à ces versions contradictoires, la présidence de séance a dû envisager le recours aux enregistrements audiovisuels officiels pour tenter de clarifier les faits.

Les enjeux financiers derrière le blocage politique

Au-delà de la querelle procédurale, le contenu même de la LFR 2026 cristallise les oppositions. Le projet de loi prévoyait une réduction de 555 milliards de FCFA des investissements publics, couplée à une augmentation significative des crédits alloués au remboursement du principal de la dette dite « cachée ». Cette ligne budgétaire, qui passe de 516,32 milliards à 629,12 milliards de FCFA, suscite une vive inquiétude et des appels à la transparence, notamment de la part du mouvement FRAPP qui exige la publication du rapport Mazars. Ce rejet par 109 voix contre 20 marque un coup d'arrêt net pour le gouvernement, après que la commission avait déjà manifesté son opposition lors des travaux préparatoires fin octobre.

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