Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 du Sénégal marque un tournant budgétaire significatif, caractérisé par une révision à la baisse des recettes et une augmentation marquée du déficit public. Face à ces ajustements, le porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, exhorte le gouvernement à dépasser la simple lecture comptable pour engager un débat de vérité sur les priorités nationales.
Une dégradation des indicateurs macroéconomiques
Les chiffres du PLFR 2026 révèlent une contraction des ressources attendues, qui passent de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA. Parallèlement, le déficit budgétaire s'alourdit, grimpant de 5,37 % à 7,6 % du PIB. Cette situation contraint l'État à réévaluer ses capacités de financement, alors que le besoin global atteint désormais 6 774,2 milliards de FCFA, dont une part prépondérante, soit 4 516,2 milliards, est dédiée à l'amortissement de la dette.
Le recul des investissements publics
L'un des points les plus critiques de ce projet de loi réside dans la réduction de 555 milliards de FCFA des investissements. Cette coupe budgétaire affecte tant les ressources internes, en baisse de 315,7 milliards, que les ressources extérieures, qui reculent de 239,3 milliards. Pour Abdoulaye Wilane, ces chiffres ne sont pas abstraits : ils se traduisent directement par un ralentissement potentiel dans la construction d'infrastructures essentielles telles que les routes, les écoles, les hôpitaux et les ouvrages hydrauliques, impactant ainsi le développement économique et la création d'emplois.
La pression des subventions et de la dette
Le budget est également sous tension en raison de l'explosion des subventions énergétiques, qui passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Si l'instabilité des cours mondiaux de l'énergie est un facteur explicatif, elle ne suffit pas, selon le responsable socialiste, à justifier l'ensemble des difficultés budgétaires. À cela s'ajoute une augmentation des charges liées aux intérêts de la dette, qui s'élèvent désormais à 1 285,2 milliards de FCFA. Face à la chute drastique des recettes liées au Plan de redressement économique et social, Abdoulaye Wilane appelle à une vigilance accrue pour éviter que l'effort de redressement ne sacrifie l'investissement productif ou ne pèse indûment sur le pouvoir d'achat des ménages.