Le programme d'assainissement des eaux pluviales de Tivaouane, doté d'un budget de 7,5 milliards de francs CFA, affiche un taux d'exécution de 90 %. Si ces infrastructures commencent à soulager les zones historiquement exposées aux inondations, la conduite du projet est marquée par des retards et des perturbations sur les réseaux de services publics essentiels.
Un impact concret sur le quotidien des habitants
Le réseau, qui dessert des quartiers comme Keur Khaly, Djeddah, Kouly, Fogny et Serigne Mansour, transforme déjà le cadre de vie des résidents. À Keur Khaly, le chef de quartier Boubacar Fall souligne une amélioration notable de la mobilité après les épisodes pluvieux, permettant désormais aux habitants d'accéder aux lieux de culte sans recourir à des moyens de transport de fortune. Cette avancée est cruciale pour une population qui, à l'instar d'Alioune Pala Mbaye à Fogny, avait dû adapter ses habitations par des surélévations pour contrer la montée des eaux récurrente depuis 2005.
Des défis opérationnels et des retards de livraison
Lancé en novembre 2025 sous l'égide du ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement et piloté par l'ONAS, le chantier peine à respecter son calendrier initial. La livraison, prévue pour fin août, reste sous tension en raison de plusieurs facteurs : le non-paiement de décomptes, une progression insuffisante des exutoires nord et sud, ainsi qu'un déficit de suivi technique. Ces difficultés ont engendré des dommages collatéraux, notamment des ruptures sur les réseaux de distribution d'eau de Sen’Eau et des dégradations sur les installations de la Senelec.
Gestion des risques et continuité des services
L'incident sur une conduite principale d'adduction d'eau a illustré la fragilité de la coordination sur le terrain, privant temporairement plusieurs localités, dont Dakar et sa banlieue, d'un accès normal à l'eau potable. Face à ces imprévus, l'ONAS a dû mettre en place des mesures d'urgence, incluant le déploiement de camions-citernes. À l'approche du Gamou, une priorité est donnée à la sécurisation des emprises et à la fermeture des tranchées dans les zones de forte affluence, comme Fogny, afin de garantir la sécurité des fidèles avant la reprise des travaux de finition après l'événement religieux.