Le gouvernement ghanéen opère un virage stratégique dans son initiative phare « One Million Coders », en ciblant désormais les étudiants de troisième et quatrième année plutôt que les nouveaux entrants. Cette restructuration vise à réduire l'écart critique entre l'acquisition de compétences numériques et l'entrée effective sur le marché du travail.
Une réponse à l'inadéquation entre formation et emploi
Le ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l'Innovation, Sam Nartey George, a justifié cette décision par la nécessité d'optimiser l'impact du programme. En formant des étudiants en début de cursus, le risque était de voir les compétences acquises s'éroder ou rester inexploitées avant l'obtention du diplôme. En concentrant les efforts sur les étudiants en fin de cycle, le gouvernement entend garantir que les bénéficiaires soient immédiatement opérationnels dès leur sortie de l'université, avec des profils techniques directement alignés sur les besoins actuels des entreprises.
Renforcement des capacités logistiques à la KNUST
Pour soutenir cette montée en puissance, l'université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) bénéficie d'un investissement matériel significatif. Le ministère a annoncé l'octroi de 2 000 ordinateurs portables supplémentaires, portant le parc total à 2 500 unités. Cet équipement permettra de déployer 15 centres de formation sur le campus, contre 10 initialement. Le vice-chancelier de la KNUST, le professeur Christian Agyare, a salué cette initiative, soulignant que la réussite du programme sera évaluée à l'aune de la capacité des diplômés à intégrer durablement le marché de l'emploi.
Vers une intégration de l'intelligence artificielle
Au-delà du codage, le ministère ambitionne de faire des institutions académiques comme la KNUST des piliers de sa stratégie nationale en intelligence artificielle. L'objectif est de mobiliser l'expertise universitaire pour développer des modèles de langage locaux et concevoir des solutions technologiques appliquées à des secteurs stratégiques tels que l'agriculture et la santé. Cette approche intégrée marque une volonté de transformer le milieu académique en un véritable moteur d'innovation technologique pour le pays.