Le programme national d'achat d'or du Ghana fait l'objet de vives critiques après avoir enregistré des pertes financières significatives malgré une conjoncture internationale exceptionnelle. Le député et ancien ministre des Finances, Mohammed Amin Adam, a dénoncé une gestion inefficace qui a conduit l'État à perdre de l'argent alors que le cours du métal précieux atteignait des sommets historiques.
Un paradoxe financier en période de hausse des cours
En 2025, le marché mondial de l'or a connu une progression spectaculaire de 62,9 %, le prix moyen de l'once passant de 2 395 à 3 441 dollars. Dans ce contexte, le programme ghanéen aurait dû générer des profits substantiels pour le pays. Pourtant, selon les données du Fonds monétaire international (FMI), la Banque du Ghana a essuyé une perte équivalente à 17 % de la valeur de l'or vendu, une situation qualifiée d'injustifiable par l'ancien ministre.
Des mécanismes transactionnels coûteux
L'analyse pointe des failles structurelles dans l'exécution du programme. Mohammed Amin Adam souligne notamment un décalage entre les taux de change appliqués : la Banque du Ghana utilisait le taux interbancaire officiel pour avancer des cedis, tandis que les mineurs étaient rémunérés sur la base de taux plus élevés pratiqués par les bureaux de change, forçant l'institution à absorber l'écart. À cela s'ajoutent des remises accordées aux acheteurs étrangers, le Ghana ayant vendu son or à 3 919 dollars l'once en octobre 2025, contre une moyenne mondiale de 4 054 dollars.
Le poids des frais de service et de transaction
La rentabilité du dispositif a également été grevée par des coûts opérationnels jugés excessifs. Les frais de service et d'analyse, cumulés, ont représenté 14,5 % de la valeur du programme en 2025, avant une réduction à 5,4 % sous un nouvel arrangement. Pour le député, ces chiffres démontrent que le système de trading ghanéen était trois fois plus coûteux que nécessaire, obérant les bénéfices potentiels de la hausse des cours.
Vers une exigence de transparence parlementaire
Face à ce bilan, Mohammed Amin Adam appelle à l'ouverture d'une enquête parlementaire complète. L'enjeu est désormais d'obtenir des explications claires sur la structuration des transactions et la gestion des coûts qui ont transformé une opportunité économique majeure en un déficit pour les finances publiques ghanéennes.