Le programme d'économie de 24 heures au Ghana sous le feu des critiques pour ses démolitions d'infrastructures publiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 21 lectures
Le programme d'économie de 24 heures au Ghana sous le feu des critiques pour ses démolitions d'infrastructures publiques

Le déploiement du programme gouvernemental d'« économie de 24 heures » au Ghana suscite une vive controverse au sein de la classe politique. L'opposition parlementaire dénonce la destruction systématique d'infrastructures publiques et communautaires existantes, y compris des bâtiments récemment construits, pour faire place à de nouveaux projets commerciaux.

Des infrastructures sacrifiées au nom d'un programme national

Francis Asenso-Boakye, membre influent de la commission parlementaire des collectivités locales, a vivement critiqué la méthode employée par le gouvernement. Selon lui, le remplacement d'actifs publics fonctionnels par de nouvelles structures soulève des interrogations majeures sur la planification, la consultation des populations locales et, surtout, la gestion rationnelle des deniers publics. Le député souligne une contradiction flagrante : alors que le pays prône la décentralisation, les priorités de développement semblent imposées de manière centralisée, au mépris des besoins réels des communautés.

Un inventaire de destructions contestées

Le rapport de l'opposition dresse une liste préoccupante de sites affectés à travers le pays. Parmi les exemples cités figurent la démolition du marché de Nkenkaasu, pourtant opérationnel depuis 2007, et celle d'un terrain de sport à Mamponteng. Plus alarmant encore, des infrastructures éducatives et judiciaires sont directement visées : une école primaire vieille de 70 ans à Wa aurait été rasée, tandis qu'une école récemment construite dans le district d'Ahafo Ano South West fait face à des travaux de fondation pour un nouveau marché. À Enchi, un marché flambant neuf a été démoli avant même d'avoir pu être occupé par les commerçants, malgré l'opposition des résidents locaux.

Le défi de la justification économique

Au-delà de l'aspect symbolique, le cœur du débat porte sur l'efficacité budgétaire. Dans un contexte de contraintes fiscales sévères, l'opposition exige une justification économique claire pour ces opérations. Le gouvernement est mis au défi d'expliquer pourquoi des ressources publiques rares sont dépensées pour construire des infrastructures, pour ensuite les détruire et financer leur remplacement immédiat. Pour les parlementaires, ce schéma, observé dans de nombreuses localités comme Keta, Kasoa ou Elubo, ne constitue pas un cas isolé mais révèle une tendance inquiétante à la dilapidation des actifs communautaires sans démonstration préalable de la viabilité économique du programme d'économie de 24 heures.

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