Le programme d'achat d'or du Ghana sous le feu des critiques concernant son impact réel sur les réserves nationales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Le programme d'achat d'or du Ghana sous le feu des critiques concernant son impact réel sur les réserves nationales

Le programme d'achat d'or du Ghana, baptisé GoldBod, fait l'objet d'une remise en question sur son efficacité réelle. Selon le député et ancien ministre des Finances, Dr Mohammed Amin Adam, la contribution de cette initiative à l'augmentation des réserves de change du pays est marginale, contredisant les discours officiels sur son rôle stratégique.

Une contribution marginale aux réserves

D'après les données de la Banque centrale du Ghana citées par Dr Amin Adam, le programme GoldBod n'a généré que 60,9 millions de dollars, soit seulement 1,3 % de l'accroissement total des réserves, qui s'élève à 4,716 milliards de dollars. Loin de renforcer le stock d'or national, le volume des avoirs aurifères du pays a en réalité chuté de 39 %, passant de 30,5 tonnes à 18,6 tonnes. L'augmentation constatée de la valeur des réserves résulterait donc davantage de la hausse des cours mondiaux du métal jaune que d'une accumulation physique par l'État.

La prédominance des flux traditionnels

L'analyse met en lumière d'autres leviers bien plus déterminants pour la croissance des réserves ghanéennes. Les transferts de fonds de la diaspora, totalisant 7,79 milliards de dollars, ainsi que les revenus issus de l'exportation du cacao (3,86 milliards), du pétrole brut (2,62 milliards) et les investissements directs étrangers (2,61 milliards) constituent les véritables moteurs de la liquidité nationale. Ces chiffres soulignent le poids relatif très faible du programme aurifère dans la balance des paiements.

Divergence entre objectifs légaux et pratique

Dr Amin Adam qualifie le fonctionnement actuel de GoldBod d'intervention sur le marché des changes plutôt que de programme de constitution de réserves. Il s'appuie sur des données du FMI indiquant que sur 10,9 milliards de dollars d'entrées de devises liées au programme, 10,6 milliards ont été réinjectés sur le marché local par la Banque centrale. Si cette pratique peut constituer un choix de politique monétaire, l'ancien ministre souligne qu'elle s'écarte des objectifs initiaux inscrits dans la législation encadrant GoldBod. Il appelle désormais à une transparence accrue sur les coûts réels, les finalités et l'impact effectif de ce dispositif sur la stabilité financière du pays.

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