Le programme d'achat d'or (DGPP) de la Banque centrale du Ghana fait l'objet de vives discussions après l'annonce d'un coût brut de 21,89 milliards de cedis. Si ce chiffre suscite des inquiétudes, une analyse approfondie révèle qu'il s'agit principalement d'un ajustement comptable et non d'une perte sèche, au service d'une stratégie de renforcement des réserves de change.
La logique derrière l'accumulation d'or
Le Ghana, comme de nombreuses économies dépendantes des importations, fait face à une pression constante sur sa monnaie nationale, le cedi. Pour sécuriser ses approvisionnements en biens essentiels, le pays a besoin de devises étrangères. Le programme d'achat d'or a été conçu pour transformer la production aurifère locale en réserves de change, évitant ainsi le recours systématique à l'endettement extérieur. En 2025, cette initiative a permis de générer 13,8 milliards de dollars de réserves, renforçant la résilience financière du pays face aux chocs externes.
Démystifier le chiffre de 21,89 milliards de cedis
La somme de 21,89 milliards de cedis, souvent citée comme une perte, correspond en réalité à un écart d'ajustement comptable. La Banque centrale achète l'or aux mineurs au prix du marché pour éviter qu'il ne soit détourné vers des circuits informels ou la contrebande, mais elle enregistre ces actifs selon son taux de change officiel. L'appréciation du cedi de 40,7 % en 2025, couplée au doublement des volumes d'or achetés, a mécaniquement creusé cet écart comptable. Le coût net réel pour la Banque centrale s'établit, après déduction des gains réalisés sur les ventes, à 9,05 milliards de cedis.
Lutter contre la contrebande par le prix
L'expérience passée montre que toute tentative d'acheter l'or en dessous du prix du marché entraîne une chute immédiate des déclarations officielles, les producteurs préférant les circuits illégaux. En alignant ses prix sur le marché, le Ghana a réussi à rapatrier dans le circuit formel environ 39,4 tonnes d'or en 2025, soit une valeur estimée à 3,54 milliards de dollars qui échappaient auparavant à l'économie nationale.
Vers une optimisation du programme
Consciente des critiques, la Banque centrale a engagé des réformes pour améliorer l'efficience du dispositif. Les frais de transaction ont été progressivement réduits, passant de 17 % avant 2025 à 5 % en août 2026. Par ailleurs, l'introduction d'un cadre de prix de référence basé sur les cours internationaux de la LBMA (London Bullion Market Association) depuis juillet 2026 vise à accroître la transparence et à réduire les écarts de change, consolidant ainsi la stabilité macroéconomique à long terme.