Face à la recrudescence des activités minières illégales, connues sous le nom de « galamsey », le député de Manhyia North, Akwasi Konadu, exhorte le gouvernement ghanéen à réévaluer en profondeur le programme Blue Water Guards. Cette demande intervient après l'arrestation de neuf membres de cette unité à Manso Adubia, dans la région d'Ashanti, pour des faits présumés de corruption et d'usurpation d'identité.
Des failles critiques dans la protection des cours d'eau
Le programme Blue Water Guards a été initialement conçu pour fournir des renseignements communautaires et renforcer la surveillance des ressources hydriques du pays. Toutefois, les récentes interpellations soulèvent des inquiétudes majeures quant à l'intégrité de ce dispositif. Pour Akwasi Konadu, ancien vice-ministre des Terres et des Ressources naturelles, il est inacceptable que cet outil de lutte contre l'orpaillage clandestin devienne un vecteur de compromission, permettant aux mineurs illégaux de corrompre les agents chargés de les arrêter.
Le piège de l'expansion numérique
Le gouvernement ghanéen a récemment annoncé le déploiement de 452 agents supplémentaires, portant l'effectif total à 2 069 personnes réparties sur huit régions. Le député conteste cette stratégie axée sur le volume, affirmant que « les chiffres ne font pas l'efficacité ». Il met en garde contre une architecture de sécurité qui, en se multipliant sans contrôle rigoureux, risque de s'affaiblir structurellement plutôt que de protéger les écosystèmes fluviaux menacés par la pollution chimique et le dragage sauvage.
Exigences de transparence et de résultats
Akwasi Konadu appelle à une refonte radicale des mécanismes de supervision du programme. Il demande au ministère des Terres et des Ressources naturelles ainsi qu'au Secrétariat national des opérations anti-minage illégal (NAIMOS) de clarifier les protocoles de recrutement, les pouvoirs légaux des agents et les méthodes de vérification des renseignements collectés. Selon lui, la priorité doit être accordée aux résultats environnementaux mesurables plutôt qu'aux déploiements symboliques. Le gouvernement est désormais placé devant un dilemme : réformer en profondeur le fonctionnement des Blue Water Guards ou envisager l'arrêt pur et simple d'une initiative dont l'utilité est aujourd'hui gravement remise en question par ces dérives.