Le professeur Diamé Signaté, figure emblématique de la linguistique historique et ancien ministre, est décédé le 12 octobre 2026 à Dakar. Son parcours, à la fois universitaire et politique, a marqué plusieurs générations d’étudiants et d’acteurs du débat public sénégalais.
Un parcours universitaire dédié à la linguistique du XVIe‑XVIIe siècle
Après des études approfondies à la Sorbonne, où il a soutenu deux thèses dans les années 1980‑1990, le professeur Signaté a rejoint la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en 1981. Spécialiste de la langue française des XVIIe et XVIe siècles, il a publié de nombreuses études aux Presses universitaires de France, contribuant à la visibilité de la recherche africaine dans un domaine longtemps dominé par les savants européens.
Un enseignant reconnu pour la rigueur de sa pédagogie
Durant plus de trois décennies, Signaté a formé des cohortes d’étudiants en lettres modernes, faisant l’éloge de la clarté méthodologique et de l’exigence académique. Selon le professeur Fallou Ndiaye, ses cours ont été « salutés par des générations successives » et ont permis la création d’équipes d’enseignement compétentes tant à l’UCAD qu’à l’Université Gaston Berger (UGB). Son influence se mesure aujourd’hui à la continuité de projets de recherche qu’il a initiés et aux publications de ses anciens élèves.
Engagement politique et diplomatique au service du pays
Outre son rôle d’érudit, Diamé Signaté a occupé des fonctions publiques majeures. Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, il a été ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (2007‑2008), puis ambassadeur du Sénégal en Gambie (2009‑2012). Son implication au sein du Parti socialiste et de l’Union progressiste sénégalaise témoigne d’une volonté de concilier expertise académique et action politique, notamment dans son terroir de Nétéboulou, où il a soutenu des initiatives locales.
Un héritage à consolider pour la recherche en sciences humaines
Le décès du professeur Signaté laisse un vide dans le paysage universitaire sénégalais, mais il ouvre également la voie à une réflexion sur la place de la linguistique historique dans les programmes africains. Son parcours montre qu’une formation de haut niveau, alliée à un engagement citoyen, peut enrichir les débats culturels et politiques du continent. Les institutions académiques sont désormais appelées à poursuivre son travail, en renforçant les collaborations internationales et en soutenant les jeunes chercheurs désireux d’explorer les racines linguistiques de l’Afrique francophone.