Le procureur de l'État, Elize Le Roux, a dénoncé lors d'une audience à la Haute Cour de Johannesburg que le principal témoin de l'affaire d'assassinat, Musa Kekekana, aurait adapté son témoignage pour éviter d'admettre des contradictions avec son affidavit de caution.
Contexte de l'affaire et rôle de Kekekana
Le procès porte sur Vusimuzi « Cat » Matlala et quatre co‑accusés, poursuivis pour tentative de meurtre. Au cœur du dossier se trouve Musa Kekekana, présenté comme le tireur à gages présumé dans le meurtre de l’ingénieur Armand Swart, originaire de Vereeniging, survenu en 2024. Kekekana cherche à faire déclarer les pièces à charge obtenues contre lui comme irrecevables, arguant qu'elles ne reflètent pas la réalité des faits.
Accusations de « tailoring » de la part du procureur
Lors d’une séance dite « trial within a trial », Le Roux a souligné des incohérences nettes entre les déclarations de Kekekana aujourd’hui et celles qu’il avait fournies dans son affidavit de caution. « Je veux vous mettre en garde, monsieur, vous façonnez votre témoignage pour échapper à la conclusion inévitable que vous vous contredisez par rapport à votre déclaration de caution », a déclaré le procureur. Cette mise en cause vise à démontrer que le témoignage actuel serait motivé par la volonté de se soustraire à une condamnation probable.
Réponse de Kekekana et implications pour le jugement
Kekekana a fermement rejeté l'accusation, affirmant que « tout ce que je dis devant la cour correspond exactement à ce qui s’est passé ». Sa contestation s’inscrit dans une stratégie juridique visant à exclure les preuves qui, selon lui, ont été obtenues de manière irrégulière. Si le tribunal accepte la demande de Kekekana, cela pourrait affaiblir la charge de l’accusation contre les autres prévenus, notamment Matlala, et retarder le déroulement du procès.
Enjeux pour le système judiciaire sud-africain
Cette confrontation met en lumière les défis liés à la crédibilité des témoins dans les affaires criminelles complexes. Le tribunal devra évaluer la pertinence et la fiabilité des preuves présentées, tout en garantissant le respect des droits de la défense. La décision finale pourrait établir un précédent quant à la manière dont les déclarations antérieures, comme les affidavits de caution, sont prises en compte lors de l’examen de nouvelles preuves.