L'affaire judiciaire impliquant Bernard Antwi-Boasiako, figure influente connue sous le nom de Chairman Wontumi, prend un tournant décisif avec l'ouverture prochaine d'un procès pénal. Après l'échec des négociations de plaider-coupable, la Haute Cour d'Accra a ordonné au ministère public de transmettre l'ensemble des éléments de preuve à la défense sous quinzaine.
L'impasse des négociations de plaider-coupable
Pendant près d'un mois, les avocats de M. Antwi-Boasiako ont tenté de trouver un accord amiable avec l'État pour clore le dossier. Cependant, la proposition financière soumise par la défense a été jugée insuffisante par le bureau du Procureur général adjoint. Selon les autorités, cette offre ne répondait pas aux exigences de l'accusation concernant le préjudice subi par la Ghana Export-Import Bank (EXIM Bank), rendant ainsi le recours à un procès inévitable.
Les chefs d'accusation et le préjudice financier
Bernard Antwi-Boasiako et son co-accusé, Thomas Antwi-Boasiako, font face à quatre chefs d'inculpation graves, incluant la fraude par faux prétextes, le blanchiment d'argent, le faux et usage de faux, ainsi que le fait d'avoir causé intentionnellement une perte financière à une institution publique. L'accusation soutient que les prévenus auraient détourné environ 14,3 millions de GH¢ entre 2018 et 2022 via la société Wontumi Farms Limited, pour un projet agricole qui n'aurait jamais vu le jour. Un volet supplémentaire de l'enquête porte sur l'utilisation présumée d'un reçu falsifié pour obtenir une ligne de crédit additionnelle de 4 millions de GH¢.
La procédure de divulgation des preuves
Conformément aux garanties constitutionnelles assurant un procès équitable, la justice a imposé un délai de 14 jours au ministère public pour communiquer ses documents et preuves à la défense. Cette étape, dite de « divulgation », est cruciale pour permettre aux accusés de préparer leur stratégie de défense face aux éléments accumulés par l'État. Les deux hommes, qui ont plaidé non coupables, devront désormais répondre de ces accusations devant le tribunal, marquant une étape importante dans la gestion des fonds publics au sein des institutions financières ghanéennes.