Le procès relatif au massacre de 18 personnes survenu à Ngobozana, dans la région de Lusikisiki, connaît un tournant procédural marqué par les confrontations directes entre les prévenus. Mzukisi Ndamase, identifié comme le cerveau présumé de cette tuerie, a entrepris de contre-interroger Siphosoxolo Myekethe, l'un de ses coaccusés, devant la Haute Cour de Mthatha siégeant à Lusikisiki.
Une stratégie de défense sous tension
Lors de l'audience, Mzukisi Ndamase a ouvertement accusé Siphosoxolo Myekethe d'aligner ses déclarations sur celles d'un témoin à charge, Lwando Abi. Cette manœuvre vise à fragiliser la crédibilité de Myekethe, qui soutient avoir été présent sur les lieux sans pour autant être armé lors du déroulement des faits. Le climat entre les accusés souligne la complexité de ce dossier où les responsabilités individuelles sont au cœur des débats judiciaires.
La question des preuves numériques
Un point saillant des échanges concerne la réception d'une vidéo montrant l'assassinat de l'homme politique Mncedisi Gijana. Siphosoxolo Myekethe a admis avoir reçu cette séquence de la part de Ndamase. Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n'a pas transmis cet élément aux autorités, Myekethe a justifié sa rétention par une méfiance envers les forces de l'ordre, affirmant avoir supprimé la vidéo. Ndamase a toutefois insisté sur le fait que, en tant que libéré conditionnel, Myekethe avait l'obligation légale de se distancier de toute activité criminelle.
Le poids de la contrainte alléguée
Pour justifier son implication dans les événements, Siphosoxolo Myekethe a invoqué un climat de terreur. Il a déclaré à la cour avoir agi sous les ordres directs de Ndamase, craignant pour sa propre vie en cas de refus. Cette ligne de défense, qui tente de déplacer la responsabilité pénale vers le cerveau présumé, s'inscrit dans un procès où les prévenus font face à une série d'accusations graves, incluant des meurtres multiples ainsi que la détention illégale d'armes à feu et de munitions. La suite des débats devra déterminer la véracité de ces allégations de coercition face aux preuves matérielles présentées par l'accusation.