Le procès de trois individus accusés d'avoir orchestré l'enlèvement de vingt futurs membres du National Youth Service Corps (NYSC) a connu un tournant majeur devant la justice. Deux des victimes ont livré un récit détaillé des conditions de leur captivité, marquant la clôture de l'instruction à charge menée par le ministère public.
Le récit d'un enlèvement de masse
Les témoins, identifiés sous les pseudonymes de Miss A et Miss B pour des raisons de sécurité, ont relaté les circonstances de leur capture survenue en septembre 2026. Alors qu'elles se rendaient vers leurs camps d'orientation respectifs dans les États d'Abia et d'Akwa Ibom, leur convoi a été intercepté sur la route Owerri-Onitsha. Selon les témoignages, les assaillants ont ouvert le feu peu après le passage d'un poste de contrôle, forçant les passagers à abandonner leurs véhicules pour être conduits de force dans une zone forestière.
Conditions de détention et pressions financières
Devant la cour, les victimes ont décrit un traitement inhumain caractérisé par le port de bandeaux, l'usage de chaînes et une privation alimentaire sévère. Les ravisseurs, dont Usman Aliyu, Babangida Aliyu et Mohamed Ali, auraient exigé une rançon de 50 millions de nairas par personne, sous peine d'exécution. Les témoins ont également rapporté des transferts d'argent imposés sous couvert de frais de subsistance, alors que les conditions sanitaires étaient précaires, les captifs étant contraints de consommer de l'eau boueuse.
Clôture des témoignages et suite de la procédure
Après avoir été libérées suite au paiement des rançons, les victimes ont pu rejoindre les services de sécurité à Owerri pour y recevoir une assistance médicale et déposer plainte. Le procureur Ekezie Nwauzor a officiellement clos la présentation des preuves de l'accusation après le contre-interrogatoire mené par la défense. Le juge Emeka Orafu a renvoyé l'audience au 5 novembre 2026, date à laquelle les avocats des trois accusés devront entamer leur stratégie de défense pour répondre aux charges retenues contre leurs clients.