Le tribunal militaire de Yaoundé a entendu mardi 15 septembre le 35e témoin du dossier d’assassinat de l’animateur radio Martinez Zogo, alors que le téléphone censé contenir une vidéo de torture demeure introuvable.
Le 35e témoin : le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo
Le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires, a été appelé par l’accusation pour apporter son éclairage sur les investigations menées depuis le meurtre de Martinez Zogo, survenu il y a trois ans. En tant que responsable d’une unité chargée de collecter les preuves, son témoignage revêt une importance particulière, notamment pour confirmer ou infirmer l’existence d’enregistrements vidéo qui pourraient identifier les auteurs.
Le téléphone contenant la vidéo de torture toujours introuvable
Depuis le début du procès, les avocats de la défense et les observateurs réclament la mise à disposition du téléphone qui aurait enregistré des scènes de torture liées à l’assassinat. À ce jour, aucune trace du dispositif n’a été présentée devant la cour, ce qui alimente les spéculations sur la chaîne de conservation des preuves. L’absence de ce support vidéo limite la capacité du tribunal à établir de façon incontestable les responsabilités, tout en soulevant des questions sur la transparence des enquêtes menées par les autorités.
Enjeux du procès pour la société camerounaise
Le dossier Zogo occupe une place centrale dans le débat public camerounais, car il touche à la liberté d’expression, à la protection des journalistes et à la confiance dans les institutions judiciaires. Le fait que le procès se déroule devant un tribunal militaire souligne la dimension sécuritaire et politique de l’affaire, alors que les autorités cherchent à démontrer leur capacité à juger leurs propres forces armées. La population, les organisations de défense des droits humains et les acteurs économiques observent de près chaque nouvelle audience, espérant que le verdict final pourra restaurer une certaine crédibilité du système judiciaire et dissuader d’éventuelles violences contre les médias.