Le tribunal des flagrants délits de Dakar a ordonné le renvoi au 2 octobre prochain du procès de Désiré Pascal Maty, un agent du ministère de la Microfinance et de l'Économie sociale et solidaire. Poursuivi pour des propos tenus sur les réseaux sociaux, le prévenu devra répondre de chefs d'accusation incluant des discours contraires aux bonnes mœurs, des injures publiques, des menaces et de la diffamation.
Un désistement qui n'éteint pas l'action publique
Bien que l'ancienne ministre Victorine Anquediche Ndéye, visée initialement par les propos du prévenu, ait choisi de se désister de sa constitution de partie civile, la procédure judiciaire suit son cours. L'absence de l'ancienne ministre à l'audience n'a pas entraîné l'abandon des poursuites, le ministère public ayant maintenu l'action publique. Cette décision souligne la volonté de la justice de traiter les infractions liées aux contenus numériques, indépendamment de la volonté de la victime directe de poursuivre ou non le dossier.
Le refus de la liberté provisoire
Lors de cette première comparution, la défense a sollicité une mise en liberté provisoire pour le prévenu, âgé de 34 ans et placé sous mandat de dépôt depuis le 23 septembre. Cette demande a été fermement rejetée par le représentant du parquet. Ce dernier a justifié son opposition par la nature même des propos diffusés en ligne, estimant que la gravité des faits reprochés justifiait le maintien en détention du prévenu dans l'attente de son jugement.
L'origine du litige numérique
L'affaire trouve sa source dans une publication numérique jugée discourtoise par l'ancienne ministre, également maire de Niaguis. Alertée par son entourage sur le contenu des messages, Mme Ndéye avait déposé plainte, menant à l'interpellation de l'agent par la Division spéciale de cybersécurité (Dsc). Lors de la phase d'enquête, Désiré Pascal Maty avait justifié ses écrits en affirmant avoir réagi à des déclarations préalables de l'ancienne ministre. Le tribunal devra désormais déterminer, lors de l'audience d'octobre, si ces arguments constituent une défense recevable face aux accusations d'injures et de diffamation portées contre lui.